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31/10/2008

simplement design avec l'atelier A1

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Là où tout est simplicité

 

Le choix de l’atelier A1 comme invité du numéro qui sort ce week-end n'est n’est pas dû au hasard, tout comme leur travail ne laisse rien au hasard et encore moins au superflu.  Les 6 membres de cet atelier sont exemplatifs d’une tendance émergente, un retour à l’authenticité et à la simplicité. Comme le souligne Veerle Wenes, chercheuse de tendances, qui vient de reprendre les rênes de Cocoon : « la crise actuelle va nous faire revenir à des valeurs plus profondes. Le bonheur ne se trouvera plus dans le matérialisme et la consommation, mais dans les choses plus intellectuelles, plus durables et plus honnêtes. La connaissance, la lecture, la convivialité, la famille seront les piliers de la quête du bonheur. Cette tendance va se traduire par des produits plus simples, manufacturés par des artisans, des gens proches. »

L’Atelier A1, c’est six jeunes designers bruxellois mus par le désir de créer des objets simples, dépouillés et fonctionnels.

Les créations de Nathalie Dewez, lighting designer, sont structurées autour d’éléments essentiels qu’elle met en valeur. « Pas de fioritures !juste l’objet et sa fonction. Tout est utile. »

Benoît Deneufbourg fait preuve, dans toutes ses réalisations, d’une volonté de simplicité et d’épure. Tel CoatHook, petit portemanteau récemment mis au point constitué de trois tubes en bois imbriqués les uns dans les autres, à fixer au mur avec une simple vis.

Chez Marina Bautier, rien d’ostentatoire : un objet réussi répond d’abord à une fonction, voire à l’usage. Avec la chaise pliable Fold, sa dernière création, elle joue sur  la sobriété, le chêne et un jeu subtil de proportions.

Elric Petit.a créé avec le Suisse Grégoire Jeanmonod et le Français Augustin Scott de Martinville le collectif BIG-GAME. Un des traits du trio est de l’intérêt qu’il porte aux objets usuels qui habitent notre quotidien, icônes qu’il reprend et transforme.

Diane Steverlynck, textile designer, part de l’objet et ce qui l’entoure. « Je m’intéresse d’abord à cette matière que j’interroge et que j’étudie. J’en détermine les qualités, l’essence, j’essaie de ressentir ce que cet objet suscite en moi avant d’en travailler les usages. »

Enfin, Sylvain Willenz, parvenu après moultes recherches à conciler art et design, crée des objets où se rencontrent  son obligation d’intégrité et la logique industrielle.

Six démarches, une approche commune : essentialité de l’objet, minimalisme inspiré, quotidien sublimé.

Approche que partagent les autres créateurs conviés par les six comparses et dont ils motivent le choix par quelques mots clefs :

« Pablo et Pierre Lhoas: une note décalée, du professionnalisme, des mélanges et compositions surprenantes

Danny Venlet: l’esprit posé, la simplicité, le ludique, la discrétion mais aussi des solutions de design industriel assez étonnantes

Cédric Libert chez Anorak: l’esprit de recherche, des concepts forts avec une lisibilité immédiate ».

 

La simplicité retrouvée, une recherche d’authenticité, le quotidien revisité… Une autre façon de créer et, surtout une invitation à vivre et à consommer autrement !

 

Christiane Thiry

Rédactrice en chef

 

 

 

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21/10/2008

La Libre Essentielle a 10 ans!!!

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Le cinéma, ça change ! Le livre, ça change !  La mode ça change ! La pub, ça change ! Le caritatif ça change ! L’Amérique, ça change ! La mobilité, ça change ! Les chanteuses, ça change. La Chine, ça change ! La BD, ça change !........
 
Pour ses 10 ans La Libre Essentielle propose ses médiamorphoses
Changements de look, de vie, de métier, de parcours, d’univers,….
de page en page changez !

 

Mégamorphose

 La Libre Essentielle fête ses 10 ans. Une belle aventure, digne d’un conte de fées. Un peu comme dans Alice au pays des merveilles. Magie des contes, magie des livres où chacun  se fait son propre film. Un lapin danse avec une petite fille blonde en robe de princesse, des messieurs l’accompagnent avec de grands chapeaux très hauts, une montre à gousset s’échappe d’une poche et redit et redit , ding dong, ding dong, que cinq et cinq font dix : dix ans, dix ans…

« Faites vos propres films, lisez un livre ! » C’est le leit-motiv de la campagne lancée par Marc Filipson, directeur de la librairie Filigranes, qui fête ses 20 ans, et orchestrée par l’agence Air fondée par Eric Hollander, l’ami de toujours de Marc, compagnon de classe sur les bancs de l’école Hamaide. Nos deux invités de ce numéro spécial anniversaire.

« Marc est l’homme qui a fait le plus pour la lecture à Bruxelles car sa librairie contribue tous les jours à désacraliser le livre, souligne Eric. « Chez Filigranes, on peut prendre les livres, les toucher, les acheter, les rejeter. La campagne incarne ce qui a porté Filigranes : la lecture, c’est un combat qu’on peut gagner ! C’est aussi une aventure exaltante et personnelle. On a cherché pour l’illustrer un livre que beaucoup ont lu, un livre culte : La Métamorphose de Kafka. « On a donc fait exécuter la Métamorphose par un photographe, Marc Paeps, un illustrateur, François Schuiten, des cinéastes, les frères Dardenne… » explique Marc. Le résultat, ce sont des interprétations variées de la Métamorphose : version Bollywood, version manga, version Fritz Lang,… »

 

La Libre Essentielle entre dans la fête et vous propose, de rubrique en rubrique, un jeu de métamorphoses et d’allégories du changement.

Le cinéma, ça change ! Avec les tax shelder qui font grimper la production de films en Belgique !

Le livre, ça change !  Avec le retour des romans à l’eau de rose.

L’édition, ça bouge ! Avec une rentrée littéraire marquée par le succès des auteurs belges.

La mode ça change ! Avec un modèle qui se shoote elle-même

La pub, ça change ! Avec la publicité socialement responsable

L’Amérique, ça change !  Avec l’Obamania

La mobilité, ça change ! Avec le vélo en famille

La BD, ça change ! de 7 à 77 ans

Le caritatif ça change ! Avec de nouvelles façons de donner : les soirées Filigranes dédiées à des associations comme MSF, avec l’asbl "Nos Pilifs" qui oeuvre pour l'insertion sociale de la personne déficiente à Bruxelles, avec l’attribution d’une partie de son salaire à des actions éthiques ou sociales,…
Une chanteuse, ça change. Telle Françoiz Breut devenue illustratrice et créatrice de livres-objets.

Chine, ça change ! Avec l’arrivée de Tim van Steenbergen

 

Changements de look, de stéréotypes, de vie, de métier, de parcours, d’univers,….

Changez, quoi !

 

Christiane Thiry – photo Cici Olsson Maquillage Zara

Merci à Thierry Boutemy de nous avoir accueillis dans son superbe espace

 

Filigranes offre un exemplaire de La Métamorphose de Kafka (Editions Folio) aux 750 premières personnes qui se présenteront à la librairie avec ce numéro de La Libre Essentielle.

Adresse : avenue des Arts 39-40, 1040 Bruxelles

Comme chaque année, Filigranes ouvre en nocturne (de 20h30 à 23h30) au profit d'une oeuvre. 25% du produit des ventes de la soirée est reversé à l'oeuvre invitée.

le 13/11 : Lucia http://www.luciaweb.be/index_flash.htm

le 20/11 : Médecins du Monde http://www.medecinsdumonde.be/spip.php?lang=fr

le 27/11 : Nos Pilifs http://www.fermenospilifs.be/

le 04/12 : Mama BW http://www.mamabw.be/

le 11/12 : Sauvez mon enfant http://www.sauvezmonenfant.be/SME_RMK/Sauvez%20mon%20enfant.html

 

Feuilletez les photos de la soirée d'anniversaire de La Libre Essentielle à la boutique Francis Ferent.

 

 

Les photos du défilé de mode Franci Ferent.

 

 

 

 

21/08/2008

Mode in, soldout!

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Electrons libres

La Libre Essentielle, qui fêtera bientôt ses dix ans, a toujours aimé aborder les choses de manière décalée. Les numéros mode n’ont pas échappé à la règle, mis en musique par des invités comme Ghinzu, Axelle Red, Vive la fête, Benoît Mernier, le collectif Poni, ou Girls in Hawaii.

Nous entrons dans la saison automne-hiver  avec Soldout. Soldout, c’est Charlotte et David. David a commencé à créer de la musique avec son enregistreur avant de la programmer sur son ordi. Puis il a acheté son clavier et s’est mis à jouer dans des groupes de musique expérimentale, psychédélique et électronique. Charlotte a démarré sur un piano classique et à la guitare quand elle était enfant. Elle voulait devenir chef d’orchestre ! Un jour elle a switché entre Chopin et PJ Harvey et opté pour des guitares électriques. Ils se sont rencontrés et ont mixé leurs styles et leurs influences. On dit qu’ils font de la musique électro-pop-rock avec parfois une petite touche new wave.

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Ils ont créé leur premier album, Stop Walking, en 2005, diffusé dans bon nombre de pays européens et suivi par deux ans de shows. Trois ans après, le duo met la touche finale à l’enregistrement du second. « Les groupes belges indépendants mettent du temps à créer leur second album », commente David. « On a tourné pendant 2, 3 ans. On a fini cet album qu’on mixe à Londres avec Jason Boshoff » (la genèse de ce mixage vous est racontée en page 5). « Le cd sort en octobre », poursuit Charlotte, « C’est de la musique électronique, mais avec des influences plus voyantes, plus perceptibles ; ça va plus loin ! Dans le premier album, on jouait à plusieurs alors que pour celui-ci on va jouer plus souvent seuls. On va partir en tournée avec notre Volvo break qui a 15 ans et 180 km ! »  

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Adeptes du mixage et de la mixité des styles, tout comme le musicien Kris Dane interviewé pour vous en page 10, les deux comparses sont aussi avides d’images, de clips et de films. « J’ai fait des études de graphisme à l’ERG et avant ça des études de photographie. J’aime regarder », sourit Charlotte. Ce goût pour l’image, ils nous le font partager avec Aurélie Roudaut, « une photographe bretonne qui a pas mal bourlingué et a créé un site plus qu’original intitulé Que de la gueule ! »  Avec la revue Lazer ou avec Arta Dobroshi, l’héroïne du dernier film des frères Dardenne. Côté papilles, Charlotte nous emmène retrouver les saveurs de sa cuisine maternelle au restaurant iranien Shuka à Ixelles.
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Le même esprit d’ouverture domine le dossier de ce numéro, plébiscité par David, révolté par les systèmes d’ultrasons utilisés parfois pour disperser des groupes d’adolescents. Nous y parlons de la médication des enfants dits difficiles via des pilules d’obéissance ! Un dossier étayé par des témoignages qui prônent le respect de la différence.
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Quid de la mode ? David et Charlotte, proches de la vision de la styliste Valeria Siniouchka (Girls from Omsk), l’ont choisie pour orchestrer avec eux une production électro-in, cadrée et photographiée par Gregory Derkenne dont ils aiment l’approche et le travail. Le portrait Essentielle est dédié au top modèle Hannelore Knuts qui vient de créer sa ligne de sacs chez Delvaux. En carte blanche, Caroline Hiernaux, étudiante à La Cambre. Plus un ode à la féminité et à l’indépendance avec Diane Von Furstenberg et un hommage particulier à la Maison belge Martin Margiela qui fête ses 20 ans de création.

Audace, liberté et créativité, les leitmotivs de ce numéro bien belge !

Christiane Thiry - Photos Gregory Derkenne

Mode

M comme Mythe

Cerveau d’une Maison qui célèbre ses 20 ans en octobre, le Belge Martin Margiela cultive innovation et radicalité, à l’avant-garde de la mode. Fantomatique – il montre son travail plutôt que son visage –, il figure parmi les créateurs les plus influents de son temps Isabelle Blandiaux - production Tony Delcampe- photos Emmanuel Laurent

 

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12/08/2008

Knokke au Zénith de l'été

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Christian Lapie : le Link de l’été

Chaque été, un parcours balisé de sculptures monumentales trace un itinéraire entre la digue de mer et le Centre culturel Scharpoord. Link, un lien entre la mer et la ville, entre la culture populaire et la culture savante. Cette année, c’est le sculpteur français Christian Lapie qui se prête à l’exercice.

Agé d’une cinquantaine d’années, ce sculpteur champenois a traîné sa bosse un peu partout dans le monde. Mais de ses voyages en Amazonie, au Japon, en Australie et en Allemagne, Christian Lapie ne semble finalement avoir retenu qu’une chose essentielle : l’homme est universel. L’homme, l’humain, il le sculpte depuis des années dans des formes austères, hiératiques, impressionnantes et pourtant protectrices. Mais qui sont ces figures dans lesquelles de nombreux critiques d’art ont projeté des personnages mystérieux ou des esprits intrigants ? « Mes sculptures sont une représentation emblématique de l’humain sur la terre », corrige Christian Lapie. « Ce sont les liens qui se tissent entre eux et leur environnement, entre eux et les passants qui leur donnent tout leur sens. Je suis d’ailleurs curieux de voir comment le public de Knokke va recevoir cette présence silencieuse au beau milieu de ses activités estivales. Ceci dit, même si la plage, la digue et les rues adjacentes sont ne sont pas vraiment des lieux chargés d’histoire et de culture, je sais que la Belgique compte de nombreux amateurs et collectionneurs d’art éclairés. » Pour cette exposition en plein air, Christian Lapie a installé onze sculptures en bois, traitées à l’huile de lin. Un groupe cependant a été réalisé en fonte. Plus compact et plus dense que les autres, ce petit noyau de personnages serrés tient tête à la foule des badauds. « Les sculptures les plus anciennes remontent à 2006. Mon travail n’a pas radicalement changé ces dernières années. Seule l’organisation des figures évolue vers quelque chose de plus compact. Mais le sens générique reste le même. » 

« Vous avez dit bizarre ? »

La Belgique, Christian Lapie la connaît assez bien puisqu’il y a exposé à diverses reprises, Mons, à Bruges et dans les cantons de l’Est. « Je trouve la Belgique très exotique », assure l’artiste français. « Nous sommes voisins mais nous ne partageons pas tout à fait la même culture. Evidemment, Knokke est une ville très particulière. » A demi-mots, l’artiste s’insurge contre le développement architectural « bizarre » de la ville. « Mais n’est-ce pas l’apanage de toutes les cités balnéaires, comme La Baule, ou les Sables d’Olonne ? » ajoute-t-il pour tenter de nous consoler. Heureusement, son jugement ne s’arrête pas là. « J’apprécie tout particulièrement l’intérieur des terres, le Zwin, les polders et leur lumières, si proches des tableaux du XVIIIe. » Et si ce sentiment du beau s’étiole un peu dans les plaisirs et le devoir de consommation des grandes vacances, gageons que les sculptures méditatives de Lapie auront la vertu de nous reconnecter avec des émotions plus authentiques. Marie Pok

Link du 1er au 31 août

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Vacances d’enfants.

La mer, souvenirs éternels d’une enfance qui se prolonge. Sur la côté, les enfants sont rois. Durant leurs vacances, tout est mis en œuvre pour diversifier leurs activités. Quoique les grands classiques restent de mise. Baignades, pâtés de sable, concours de châteaux, fleurs en papier et parties de pétanque improvisées : on ne s’en lasse pas.

Mary Kenneth

Des châteaux en Belgique

Il n’y a qu’à voir les papas s’en donner à coeur joie, pour comprendre que certains ont du mal à dépasser le stade infantile. Classique des classiques, le concours de châteaux de sable réunit chaque année plus de 1500 pelleteurs. En famille ou entre amis, 125 équipes observent la marée, basse encore, prête à déferler sur la plage du Lekkerbek. Au coup de sifflet, chacun saisit sa pelle et s’acharne à monter un tas de sable, le plus haut possible, et à lui façonner une allure de château. Lorsque les ardents bâtisseurs se retirent, (avec un coup de soleil sur la nuque !) la mer s’avance, seule juge, à l’attaque des mastodontes de sable. Lequel lui résistera le plus longtemps ? Et pour ceux dont la forteresse s’est effondrée sous l’assaut des vagues, brille cependant l’espoir de gagner le prix de l’équipe la plus originale, la palme de la rigolade. Chaque année, un site internet et un numéro de téléphone permettent de réserver son terrain. Mais pour les retardataires et les équipes incomplètes, on peut s’inscrire la veille (samedi 16) sur la plage du Lekkerbek.

Concours de Château de sable, le dimanche 17 août à 11 h précises. Plage du Lekkerbek. Tél. : 02 649 50 96. Infos : www.beach-week-end.be. Prix : 15 € par adulte et 10 € par enfant comprenant T-shirt et goûter.

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Au pays de la petite reine

Mode de déplacement idéal à Knokke, le vélo reste un plaisir que partagent petits et grands. Plusieurs itinéraires existent. Le plus simple consiste à longer la digue de mer, longue de 11 km. Idéal à l’heure du coucher de soleil mais à oublier la journée car la foule rend la promenade infernale. A l’intérieur des terres, la Riante Polderroute vous emmène à la découverte des polders, des fermettes, des chemins de traverse, sur une distance de 44 km. La Zwin Route sillonne à travers les marais du Zwin pendant 39 km, la route de la voie lactée (Melkwegroute) propose un tour de 35 km. Tous ces itinéraires sont disponibles à l’Office de Tourisme. Pour ceux qui ne disposent pas de bicyclettes, de nombreux loueurs proposent des vélos très performants et bien équipés (paniers, cadenas, pompes) à un prix de 5 €/heure, 10 €/4heures et 15 €/jour. Les go-kart se louent aussi à 5 €/heure ou 3 €/demi heure.

Office du Tourisme : Zeedijk 660 ou Knokkestraat 22. Infos : 050 63 03 80 – www.knokke-heist.info

Locations de vélos

Sophie Verhuring, Zeedijk 604,050 61 29 77

M.Pinte, Zeedijk 640 et 280, 050 62 56 08

Boulevard Bikes, Zeedijk 637,050 62 74 00

Kurt Cyclo Cars, Zeewindstraat 13-15 ou Zeedijk 674 , 050 61 31 15

Aux Lutins, Zandstraat 7, 050 62 76 30

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La plage

Rien de tel qu’une après-midi au bord de l’eau. Ceux qui préfèrent des coins plus déserts (façon de parler) ont leurs propres bons plans. En revanche, voici quelques adresses de loueurs de transats équipés de jeux pour enfants: cabanes, balançoires, châteaux, trempolines… Il ne reste plus qu’à choisir la couleur du matelas et du parasol. Le transat se loue à 5 €/l’après-midi ou 7 €/la journée et le matelas à 6,50 €/l’après-midi ou 8,50 €/la journée.

Près du Casino et de la Rubensplein

Alain 050 67 58 92, 0476 57 16 60

Viaene 050 61 38 54, 0476 54 11 98

Près de la Lippenslaan

Knokke Strand 0475 61 65 83

Indi Beach 0475 75 32 99

Au Zoute

Kriss 050 61 15 96, 0475 55 99 76

Zoute Strand 0475 62 26 81, 050 61 21 41

Lekkerbek Beach 0476 35 70 97

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Sports nautiques

Le RBSC (Royal Belgian Sailing Club) organise durant tout l’été des stages d’initiation ou de perfectionnement au catamaran, pour les enfants à partir de 8 ans. Les stages comportent des cours théoriques et pratiques. Prix par semaine par enfant : 220 € pour les membres et 268 € pour les non membres.

RBSC Duinbergen : 050 51 55 93 www.rbsc.be

RBSC Zoute : 050 62 11 71 www.rbsc.be

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River Woods

Depuis cet été, le River Woods propose des stages d’été qui comprennent des cours de surf et de kitesurf, des sorties en mer en bateau, en kayak ou en radeau, des sessions de beach-volley ou des tournois de pétanque, bref des journées sportives bien remplies. Les enfants sont répartis en deux groupes de 7 à 11 ans et de 12 à 18 ans. Malheureusement, les stages s’arrêtent cette année le 15 août  mais il reste la possibilité de réserver des cours de kitesurf à l’heure, auprès du moniteur, Thierry (0477 85 19 16).

Prix : membres 240 €, non membres 280 € lunch et goûter compris.

River Woods : Zeedijk 832b, 050 62 84 04

Surfers Paradise

Saviez-vous que ce club est né en 1988, un an après le succès de foule du concert des Beach sur la plage de Knokke ? Depuis, ce petit bout de plage s’est transformé en un coin de paradis pour les amateurs de la culture surf californienne. Musique et tenues de plage décontractées de rigueur ! On y donne des cours de surf, kitesurf et planche à voile. L’été, les enfants peuvent y faire des stages en internat ou externat. Il existe aussi des formules week-end en internat avec barbecue sur la plage. Le rêve californien. En revanche, il faut savoir qu’il s’agit d’un club néerlandophone. Génial pour les immersions !

Surfers paradise : Zeedijk en face de l’ancienne piscine. Infos : 050 61 59 60 – www.surfersparadise.be

Une gaufre ?

Incontournables, les gaufres de chez Siska ont été mises au point par Fransisca Fincent, aussi appelée Moeder Siska. Aux alentours de 1882, elle découvre une peinture représentant une gaufre en forme de fleur à cinq pétales et demande à son frère, forgeron, d’en faire un moule à gaufres. Celles-ci deviennent très vite une curiosité locale. Les promenades touristiques de l’époque, à dos d’âne, s’arrêteront désormais chez Moeder Siska pour une dégustation. Plus d’un siècle plus tard, la recette fait toujours fureur dans les trois restaurants qui portent encore le nom de Siska. Ils sont en outre très prisés pour leurs plaines de jeux, avec château gonflable, plaine pour les bébés et minigolf chez Marie Siska.

Marie Siska Zoutelaan 177, 050 62 32 00

Gustave Siska, Zoutelaan 229, 050 60 20 52

Kinders Siska Oosthoekplein 1 050 60 20 08

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Shopping

Vous n’y couperez pas. Les magasins pour enfants sont légion dans la ville de Knokke. Jeux de plage, mais aussi jeux d’intérieur, gadgets, accessoires, vêtements. Pour s’en mettre plein la vue, un arrêt à la boutique New Princess Zoe s’impose. Un royaume de petite princesse. Couleur rose et paillettes se déclinent en de multiples produits, avec la collection Hello Kitty au grand complet.

New Princess Zoe Dumortierlaan 60, 050 61 11 34

Sincfala

Installé dans une ancienne école de 1899, le musée Sincfala abrite des collections d’objets historiques populaires présentés dans des mises en scène amusantes : une salle de classe, un bistrot, une chambre de pêcheurs… Les enfants peuvent s’y déguiser et diriger leur visite selon un parcours soutenu par des jeux éducatifs. Dans le jardin, un pavillon raconte 2000 ans d’histoire de la région. Les dispositifs interactifs (vidéos, maquettes avec animations sonores) séduiront les enfants les plus récalcitrants.

Sincfala, Pannenstraat 140, Knokke-Heist, 050 63 08 72 – www.sincfala.be. Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 17h30. Entrée : 3,50 € et 1,75 € pour les moins de 12 ans.

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Nature

Rien ne vaut une balade dans l’écrin farouchement préservé du Zwin. Ces immenses prés salés, presque entièrement recouverts d’eau à marée haute offrent un biotope unique à de multiples espèces de plantes, insectes et oiseaux. A visiter librement ou avec un guide. Autre moment d’observation, le Jardin des Papillons vous absorbera dans un jardin tropical où virevoltent plus de 300 papillons.

Zwin Gr. Lippensdreef 8, 050 60 70 86 - www.westvlaanderen.be/zwin. Ouvert de 9h à 17h30. Fermé le lundi. Entrée : 5,20 €, enfants 3,30 €.

Jardin des papillons, Bronlaan 14, 050 61 04 72 – www.vlindertuinknokke.be. Ouvert de 10h à 17h30. Entrée : 4,80 € et 3€ pour les enfants.

Gastronomie
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Assiette multicolore

Dans son livre ludique, esthétique et scientifique, la nutritionniste Françoise De Keuleneer nous invite à prendre soin de notre santé en jouant au cuisinier coloriste et à découvrir ainsi les secrets des aliments antioxydants. Mise en appétit.

Propos recueillis par I.B.

Une base scientifique était importante pour ce livre sur la nutrition ?

C’est son originalité. Nous nous sommes basés sur certaines études scientifiques. Enormément de pathologies ont un lien avec une alimentation déficiente. La notion de cinq fruits et légumes par jour a encore du mal à être suivie. Les gens ne se rendent pas compte qu’il faut varier, qu’un fruit n’égale pas un autre, qu’un fruit n’égale pas non plus un légume… Lorsque je faisais des études de nutrition au CERDEN, un congrès avait été organisé avec le scientifique Joël Pincemail comme intervenant sur les antioxydants. On s’est rencontré à cette occasion, puis nous avons donné une conférence ensemble, avant de nous lancer dans l’écriture de ce livre. Un de ses messages, c’est de dire que les antioxydants dans l’alimentation sont plus efficaces que la prise de compléments alimentaires. Parce qu’ils fonctionnent en synergie. J’ai apporté à ce scientifique une mise en pratique de son savoir, à travers 60 recettes savoureuses, pour tous et qui nécessitent entre 20 et 30 minutes de préparation seulement.

Chaque couleur des fruits et légumes indique une famille précise d’antioxydants…

La couleur des fruits et des légumes provient des pigments. Ces pigments sont des antioxydants qui ont été développés par les végétaux pour se protéger des agressions subies et des effets de la photosynthèse, processus duquel les végétaux tirent leur énergie mais qui dégage aussi des radicaux libres. Plus un fruit ou un légume est coloré, plus il contient d’antioxydants de différentes sortes (polyphénols, bêta-carotène…) qui auront leur action spécifique pour la santé (protection cardio-vasculaire, protection des yeux et de la peau…). Le raisin qui a été attaqué par des maladies mais qui parvient à prendre le dessus aura plus d’antioxydants qu’un raisin qui aurait été protégé de ces maladies par des produits par exemple. C’est pour cela qu’on pourrait expliquer qu’il y a plus d’antioxydants dans le bio que dans le non bio. Des études sur le sujet sont en cours.

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Agneau aux légumes de printemps, sauce crue au romarin et au basilic

POUR 4 : 1 gigotin d’agneau d’environ 500 g, 1 tête de brocoli, 1 botte de jeunes navets, 1 botte de carottes nouvelles, 1 jeune oignon, 1 poignée de roquette.

Pour la sauce : 2 branchettes de romarin, 2 gousses d’ail nouveau, 1 ou 2 c à soupe de tamari, 1 citron non traité, 6 demi-tomates séchées, 1 bouquet de basilic, 8 c à soupe d’huile d’olive vierge extra, fleur de sel.

Préparez la garniture aromatique. Hachez finement la moitié du romarin et 1 gousse d’ail, et mélangez avec le tamari. Enduisez le gigotin avec cette préparation et déposez-le sur une lèchefrite garnie de papier de cuisson. Faites cuire au four préchauffé à 85° pendant 1 h 30 environ. Détaillez la tête de brocoli en bouquets et découpez les navets épluchés en 4 morceaux. Lavez les carottes. Faites cuire, à la vapeur, les navets et les carottes entières pendant 15 min et le brocoli, ainsi que le jeune oignon coupé en morceaux, pendant 10 min (les légumes doivent rester croquants).

Confectionnez la sauce. Prélevez une fine épaisseur de zeste sur un demi-citron et hachez-le très finement. Pelez le citron à vif et détaillez la chair en petits cubes. Hachez les tomates séchées, le reste du romarin, le basilic et la dernière gousse d’ail épluchée. Dans un bol, mélangez tous ces ingrédients avec l’huile d’olive et une pincée de fleur de sel.

Mélangez les légumes avec la roquette finement ciselée et 2 c à soupe de sauce.

Disposez le gigotin découpé en tranches au centre d’un plat de service bien chaud. Répartissez les légumes autour et arrosez avec un peu de sauce. Servez le reste en saucière.

Vous pouvez réaliser ce plat avec toutes sortes de jeunes légumes : petits pois, pois gourmands, pointes d’asperges, …

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Oreillons d’abricot à la crème de cajou

POUR 4 : 8 gros abricots (Bergeron si possible) ou 12 plus petits, 250 g de mûres, 100 g de groseilles rouges, 4 c à café de sirop d’érable.

Pour la crème : 1 tasse de noix de cajou, 2 c à soupe de sirop d’érable, 1 filet de jus de citron, 1 pincée de poudre de vanille (ou 1 petit morceau de gousse).

Faites tremper les noix de cajou dans de l’eau pure pendant 6 h.

Lavez soigneusement les fruits et essuyez-les. Découpez les abricots en 2 et retirez le noyau. Faites-les cuire à la vapeur pendant 2 à 3 min.

Mettez les ingrédients de la crème dans le bol du blender, rajoutez progressivement un peu d’eau pure et mixez à grande vitesse jusqu’à obtenir une consistance légère.

Étalez 2 c à soupe de crème dans le fond des assiettes, disposez les demi-abricots que vous arroserez d’un peu de sirop d’érable.

Ajoutez les mûres et les groseilles rouges. Servez aussitôt.

© JEAN-PIERRE GABRIEL

16/06/2008

Let's rock with The Dø

Les invités de La Libre Essentielle du 21 juin, Dan Levy et Olivia B. Merilahti, du groupe The Dø

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Que sautent les barrières !

Dan vient du jazz, de la musique contemporaine. Il composait des musiques de films. Olivia vient du rock, de la pop et du folk. A deux, ils ont créé The , D pour Dan et O pour Olivia. Une musique qui oscille entre folk, pop et rock et qui a affolé la hype ces derniers mois. Une musique transversale, inspirée des influences de ses deux auteurs et de leur projet de vie : faire de tout, en toute liberté, confronter les disciplines, la musique, le cinéma, la danse, à l’instar de ce numéro qui leur est dédié.

Car depuis leur rencontre en 2005 pour collaborer à une musique de film, leur univers a explosé. Fascinés par la danse, ils ont collaboré avec des artistes comme Alicia Framis, Meg Stuart et Carolyn Carlson et avec le chorégraphe finlandais Jukka-Pekka Marsalo. Rencontre déterminante : Jukka les pousse à sortir du registre des jolies mélodies de musiques de films pour une composition plus rock et électrique. « Invités à prendre des risques, nous nous sommes donnés de nouvelles libertés », commente Dan. Le résultat, The Bridge Is Broken, chanson d’ouverture du spectacle Scène d’amour, est aussi le point de départ du premier album de The Dø, A Mouthfull, une bouchée, un appel à la diversité, un désir de liberté. « Le milieu de la danse nous attire car il y a peu d’argent, mais une grande liberté d’expression et une prise de risque importante », souligne Dan. « Dans la musique de film, la musique est souvent mise à l’écart ou doit être trop formatée », ajoute-t-il. « La danse n’a pas besoin d’être formatée. ça reste frais et fort ! »

Attirés par l’école belge, son côté très physique, très violent et le fait qu’on va chercher plus loin ce qu’on peut donner, Dan et Olivia rêvaient de rencontrer le chorégraphe Wim Vandekeybus. La Libre Essentielle les a mis en contact avant le concert des Nuits du Botanique pour une interview croisée témoin d’une belle rencontre.

Pendant le comité de rédaction, ce qui nous a tous séduits, c’est le fantastique besoin de liberté d’Olivia et de Dan ! En témoignent ces propos : « Chaque fois qu’on nous a dit : il faut faire comme ci ou comme ça, ça n’a pas marché. Le label voulait que nous travaillions avec le plus grand photographe, le plus grand mixer, la plus grande maison de production. Ils voulaient un clip réalisé avec des pros et ont mis plein d’argent pour un résultat que nous avons jeté à la poubelle. Je suis parti avec mon frère tourner le clip aux Etats-Unis. ça ne nous a pas coûté plus de 500 euros ! Idem pour les photos : nous avons préféré travailler avec quelqu’un qui comprenait nos besoins. » Depuis le départ Dan et Olivia revendiquent leur soif d’indépendance. « Myspace a été le début de tout. Il y a 3 ans, nous avons créé notre page, inséré nos photos et nos productions. Ce n’est qu’après le succès rencontré sur internet que nous avons signé avec un producteur pour notre premier album. On fait tout à l’envers en restant avant tout personnels et intègres. »

Au diapason avec ces adeptes de la transversalité, du risque et des rencontres, La Libre Essentielle rocke avec Bouli Lanners et son Eldorado ou Jérome Sans, commissaire de l’exposition It’s only rock ‘n’roll, baby ! qui envahit le Palais des beaux- Arts cet été. Zappe sur Myspace, véritable pépinière d’artistes. Se débride au festival des Ardentes de Liège. Et s’évade avec Georges Simenon ou les Médecins sans vacances.

Croquer l’été, en une bouchée…

Christiane Thiry – photo Cici Olsson

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Tornade Dø

Nicolas Bogaerts – photos Cici Olsson

Juste fais-le. Ce pourrait être la devise en pied de nez de The Dø, duo composé par Dan Levy et Olivia B. Merilahti, passés de l’ombre à la lumière à la faveur de quelques mois d’un buzz internet intense. Depuis, une aurore franco-finlandaise se lève sur le petit monde des rock addicts. Elle chantera tout l’été.

Derrière ces deux lettres (un D pour Dan et pour Olivia un O barré, signant ses origines franco-finlandaise) souffle un rock énergisant mâtiné de folk tribal, de soul cheyenne, et une complicité public/privé qui rappelle de bons souvenirs (Fred Chichin, si tu nous lis…). Deux lettres, avant tout, comme une injonction à passer à l’action sans blabla. Le pitch est simple et le succès a été immédiat, fulgurant : choisi pour illustrer une campagne de pub (« L’idée d’un spot sans parole où on laissait toute la place à la musique m’a plu », assure Dan), On my shoulder les propulse en bonne place dans la course pour la révélation de l’année. La page Myspace du groupe fait le plein (jusqu’à 20 000 écoutes par jour), hissant The Dø sur le podium du vainqueur d’étape.

Adeptes de la transversalité

Dès avant la mise en orbite de leur premier album, A Mouthful, la toile, suivie de près par les critiques influents, s’enflammait autour de ce duo surgi ex nihilo : « On n’a jamais fait partie d’aucune scène sur Paris » constatent-ils, avec une franchise d’autant plus désarmante que la scène pop-rock parisienne se veut depuis quelques années plutôt vivace. Un joli hold-up en vérité, perpétré par un groupe qui ne rougit pas en déclarant avoir découvert les concerts en février 2007 : « On n’avait jamais fait de scène avant la sortie du single et de l’album. On a découvert les tournées au fur et à mesure. On a encore beaucoup à apprendre. C’est excitant. » Ils se sont vus offrir une pléthore de dates ces derniers mois à travers l’Europe, et se préparent à écumer les festivals en mode flibuste, comme jadis Barbe Noire visitait les comptoirs des Caraïbes : un par un. Qui a dit succes story ?

Pourtant, parler de génération spontanée à propos de The Dø serait inapproprié : leur pedigree artistique est à lui seul un gage de crédibilité. Car bien avant de prendre la route du rock par surprise, le couple, adepte de la transversalité, s’est offert à plusieurs disciplines. Ils ont adossé leur musique au cinéma, pour les films Camping Sauvage de Christophe Ali et Nicolas Bonilauri (2006), The Passenger de François Rotger (2006), et L’Empire des Loups de Philippe Nahon (2005), où les deux tourtereaux se sont rencontrés. Ils apprécient particulièrement la danse, comme l’illustre à merveille leur collaboration avec Juha-Pekka Marsalo – une ancienne de la troupe de Wim Vandekeybus – sur sa chorégraphie Scène d’amour. « C’était un travail très physique, sauvage », confesse Dan, qui a également à son actif de nombreuses collaborations avec l’artiste contemporaine Alicia Framis. Bien vite, accompagner les projets des autres revient à se glisser dans une cuirasse qui les empêche de se mouvoir librement, avec toute l’aisance que devraient leur procurer ces expériences dont peu peuvent se prévaloir.

Le goût de l’indépendance

C’est probablement cette contrainte d’œuvrer sous la direction de tiers, comme dans un cocon, qui les a poussés à se libérer, à déchirer l’enveloppe, pour faire ce dont ils rêvaient : être soi, enfin, à la fois acteur et réalisateur de son propre disque. Par la force des choses et de leur histoire, A Mouthfull frappe par sa diversité. On y piste les influences, les inclinations musicales de l’un et de l’autre, comme un enfant va à la chasse au papillon : pour faire l’expérience de l’insaisissable. D’un autre côté, leurs mélodies immédiatement familières, la voix d’Olivia tour à tour féline et mélancolique, concourent à créer une musique imagée (Playground hustle), racée (The bridge is broken) et percée d’instants de lumière. « Je viens plutôt du jazz, de la musique contemporaine, constate Dan. Cela m’a apporté l’ouverture, le goût de la surprise. C’est Olivia qui amène sa culture musicale rock, pop, folk. Elle m’a fait découvrir PJ Harvey, Queen, Bjork. » Ils se retrouvent dans leur goût de la scène Hip Hop, qui déteint manifestement sur le morceau Queen Dot Kong, et un jeu de pince sans rire récurrent. Ne vous méprenez pas cependant : Dan et Olivia savent ce qu’ils veulent et ne veulent pas et défendent farouchement leur indépendance récemment acquise : « Le label voulait un clip cher, se souviennent-ils, réalisé avec toute une équipe de pro. Ils ont mis plein d’argent. Lorsqu’on a visionné le résultat, c’était horrible. J’ai tout jeté à la poubelle. J’ai appelé mon frère et on est partis tourner le clip nous-mêmes aux Etats-Unis. Au total, ça a dû nous coûter 500 €. » Moralité : Dø it yourself.

 

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Disque : A Mouthful, Cinq7 / Bang !

Concert : 10/07, Festival Les Ardentes à Liège

Cinéma

Un road-movie rock

 

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Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, Eldorado, le 2e film de Bouli Lanners a trusté 3 prix : le prix Regards Jeunes, celui du label Europa Cinemas et le prix FIPRESCI. Comédien, réalisateur, peintre et maintenant écrivain (il signe 3 nouvelles pour Architexto), Bouli Lanners est aussi un passionné de musique.

Claude De Vos - photo Versus Production/Nicolas Bomal

Tu es fou de musique et tu mixes à tes heures…

J’ai la chance d’avoir beaucoup d’amis qui programment des concerts et une femme qui me fait découvrir pas mal de choses et, surtout, me fait des super compils. Ma dernière découverte, c’est The Dø et Kills. Pour ma part, je mixe des vieux trucs genre scène post-punk, toute la scène garage des années 80. Au début, c’est parti d’une boutade. Je m’appelle DJ Mauvais. Je ne sais pas mixer, je ne comprends rien aux boutons mais je mets des bonnes plaques. J’ai retrouvé tous mes vieux vinyles que j’ai transférés en cd pour qu’on ne me les vole pas pendant que je bois une bière. Je mixe de temps en temps notamment au Botanique. Je mixe aux Ardentes cet été et je vais enfin pouvoir rencontrer The Dø, Bashung et Arno. On a tous les deux joués dans J’ai toujours rêvé d’être un gangster de Samuel Benchetrit mais on ne s’est jamais vu.

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De l’écriture au montage, tu travailles en musique ?

Oui, j’ai besoin d’en écouter tout le temps en fonction de mes humeurs ou de la direction que je sens que le film pourrait prendre, ou de l’anecdote qui me donne un vague point de départ d’un scénario potentiel. Avant le tournage, je fais un cd avec 20-25 morceaux, ceux qui accompagnent le mieux le scénario et qui seraient les musiques potentielles du film, qui en reflètent sa couleur. Je donne tout à l’équipe, ça permet à chacun de mieux comprendre l’atmosphère qui se dégage du film.

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Eldorado est un road movie avec une musique rock ?

C’est la rencontre de deux bras cassés. Je vends de vieilles voitures, je tombe sur un toxico en train de me cambrioler et je veux le ramener chez ses parents. C’est l’histoire de ce voyage. Je voulais quelque chose qui sente la route, la vieille chaussette, le vieil alcool qu’on n’a pas refermé, le cendrier froid et le vieux cow-boy. Un vrai road movie, avec Eldorado, un morceau composé par An Pierlé et Koen Gisen. J’étais liquéfié quand je l’ai entendu pour la 1re fois. Ils s’étaient basés sur la 1re lecture du scénario qui avait changé entre-temps. Pourtant dans le texte, qui correspond à l’ancien scénario, il y a quelque chose tout à fait dans le ton du film.

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Il y a d’autres collaborations : Renaud Mayeur, Stefan Liberksi…

An et son groupe White Velvet étaient beaucoup en tournée, car ils sortaient leur album. Leurs musiques sont venues très tard. Entre temps, j’en avais parlé autour de moi et quelqu’un de chez Bang ! m’a fait écouter 5-6 morceaux de musique très courts avec des riffs de guitare sans me dire de qui il s’agissait. C’était Renaud Mayeur. Il faisait ça tout seul chez lui sans trop savoir quoi en faire. Comme un fou furieux, il m’a composé 30 petits riffs chauds et rugueux en une semaine. Un truc qui arrachait et qui correspondait à ce que j’écoutais ! Quand les compositions d’An et Koen sont arrivées, elles ne correspondaient plus avec celles de Renaud. Mais je trouvais Eldorado incroyable. On s’est mis d’accord : j’ai réalisé son clip dans lequel j’ai intégré les images du film et elle récupère le morceau pour son album. Quant à Stefan, il m’a fait un beau cadeau : il joue de la gratte et fait un peu de blues à l’occasion, une sorte de John Lee Hooker bruxellois. Il avait composé un morceau en pensant à moi. On l’a essayé au montage, ça s’intégrait parfaitement. Pour compléter le tout, on a acheté les droits de morceaux auxquels je tenais vraiment comme Jessie Sykes et les Milkshakes qui étaient un groupe que j’écoutais comme un fou quand j’avais 16-17 ans. Je rêvais d’une bande-son puissante et envoûtante.

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Tu sais déjà quelle couleur musicale aura ton prochain film ?

Je m’imprègne doucement de morceaux. Mais je sais que je le tournerai en Ecosse. C’est un pays que j’aime profondément. Je suis déjà parti en repérage avec ma femme et je vais passer tout l’hiver à écrire. Je suis un « bouli »-mique de travail !

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Eldorado, sorti en salles depuis le 4 juin.

Retrouvez l’interview complète du film et de l’acteur Fabrice Ade sur le site www.lalibre.be, onglet Essentielle.

26/05/2008

ça roule avec Fred Bouvy

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L’invité de La Libre Essentielle du 7 juin,  Fred Bouvy

Un pneu, beau clou, à la folie, passionnément !

Le goût de la compétition en pole position.

Le sens de l’équipe en potes position.

Voici Fred Bouvy.

Un insatiable ! Il était brillant en jet-ski. Tout aussi performant en quad. Mais cela ne lui suffisant pas, il se lance dans la compétition automobile, et hop! il rafle le grand prix des 24h de Spa-Francorchamps 2 années consécutives (1999, 2000). Depuis, épinglons entre autres, en 2003, ses 2 victoires au championnat Belcar. Il rafle la mise au Mini Cooper Challenge… Et si Fred fait partie actuellement du club des meilleurs pilotes belges, il continue à garder le quad comme roue de secousse (organise le World Rhino Championship entre copains !) et aussi… pour mieux brouiller les Kart, il participe à des compétitions de Karting !

Sa vie ressemble à celle de la série « 24h chrono ».

Des vies en simultané et des chronos d’enfer.

Alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ! Faire une pause ? Un Break ? C’est un type de véhicule qui ne convient pas à son goût de la vitesse. Une griserie qui rend addict.

Fred est accro.

Accro au drapeau à damier.

Alors il prend ses jantes à son cou. Et qu’il s’envole pour Dubaï rouler en plein désert ou qu’il affronte la pluie à Zolder, c’est un homme tout-terrain s’adaptant au bolide et à l’environnement. Avec Damien Coens, Vincent Vosse ou Anthony Kumpen, il forme un team solide qui carbure à la passion et à l’amitié.

Bon vivant, le Fred ? Tu l’as dit, Bouvy !

Aujourd’hui, il a accepté de s’arrêter quelques instants.

Le temps d’un entretien…

Dans cette Libre Essentielle, découvrez son parcours et son univers, le dialogue entre les patrons des 2 grands circuits belges, l’interview de Nelson Piquet, d’Alonso et de Mr Plasch, un essai moto (par Fred himself !) et puis tout sur le karting, les rallyes, les compétitions, les tests les plus récents dans le domaine automobile…

Un numéro monté sur roues !

L’édito de Bruno Coppens – photo Bernard Demoulin

La passion des voitures

La passion de l’automobile naît souvent dès l’enfance, d’un père ou d’un parent passionné. Vivre celle-ci réclame énormément de sacrifices d’autant que les sponsors se font rares. En faire son métier, voir construire une carrière semble un pari audacieux en Belgique. Regards de jeunes et moins jeunes sur cette passion et les moyens de la financer.

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Benjamin Bailly, titulaire du RACB Award du Rookie of the Year, et son frère cadet, Sébastien.

 

 Benjamin Bailly

En décembre 2007, ce jeune liégeois recevait le RACB Award du Rookie of the Year, récompense attribuée à un jeune pilote dont les résultats et les performances en ont fait la révélation de la saison. Avec son frère Sébastien, ce liégeois âgé de tout juste 18 ans fait figure d’espoir belge.

Comment est née cette passion ?

Benjamin Bailly : La passion commence tout petit. Tu joues avec tes petites voitures en te disant : « un jour, je serai Schumacher ».

Gilbert Bailly, le papa : J’avais fait un peu de kart lorsque j’avais dix-neuf, vingt ans. J’avais également roulé en rallye. C’était une autre époque, des années où le talent du pilote primait sur le reste. J’avais pour idole des types comme Jim Clark, John Surtees ou Mike Hailwood. J’ai voulu transmettre cette passion à mes fils : à sept ans, j’ai acheté une moto, puis un quad à Benjamin. J’ai enchaîné avec son frère Sébastien. Nous avons emménagé un circuit sur un terrain voisin. Un jour, Benjamin a essayé un kart sur un véritable circuit. Ses premiers résultats nous ont permis d’y croire. 

Qu’entendez-vous par là ?

Gilbert Bailly : Benjamin a fait de très bons temps dès les premiers essais, puis des résultats dès les premières courses, en catégorie cadet, sur une machine bricolée maison achetée d’occasion pour 3000 €. Dès 2002, Benjamin était champion Inter provincial. Nous nous sommes professionnalisés au fil des années, enchaînant les résultats jusqu’à susciter l’intérêt d’une structure professionnelle, le team Kosmic que Benjamin a rejointe en 2007. Il obtenait alors la garantie de disposer d’une machine de qualité et d’être au départ d’une quinzaine de courses en KF1, la catégorie reine du kart. Pour sa première saison, il a étonné tous les observateurs. La fratrie était un second atout : Benjamin a essuyé les plâtres pour Sébastien, son frère cadet âgé de 15 ans, également grand espoir belge.

Pourquoi le kart est-il souvent présenté comme une excellente école ?

Gilbert Bailly : Cette école oblige à aller vite et à être très technique. C’est une discipline très exigeante : elle réclame travail et endurance. C’est une école où tu apprends également  à perdre. Tu ne peux pas devenir un vainqueur si tu ne sais pas perdre. 

Benjamin Bailly : Une épreuve est un exercice très physique. En pointe, à 140 km/h, ce n’est pas rien de tenir son kart. Je peux perdre jusqu’à 2 ou 3 kilos en vingt minutes. Michael Sumatera, Kimi Raikkonen ou Lewis Hamilton sont passés par là, prouvant les bénéfices de cette école. 

Qu’est-ce qu’un bon pilote ?

Gilbert Bailly : Il faut d’abord avoir la vitesse. L’audace, tu l’as ou tu ne l’as pas. Le reste est une question d’éducation. Tu regardes, tu écoutes et tu comprends. Quand tu rentres dans une écurie professionnelle, un mécanicien joue ce rôle de formateur. Enfin, un bon pilote doit savoir exister hors de sa voiture : il doit pouvoir plaire au médias, répondre à un journaliste dans diverses langues, accepter des rôles de relations publiques.

Le rêve est-il toujours présent ?

Benjamin Bailly : Oui, mais il est différent. La progression fut constante au point de remporter l’année dernière le titre d’espoir RACB et une 5e place au Championnat du Monde. Mes résultats ont convaincu le team Boutsen Energy de m’accueillir. A 17 ans, c’est l’âge idéal pour un premier contact avec la monoplace si tu entretiens l’espoir d’une carrière en F1. J’espérais débuter par la Formule Renault. Tout était prêt, mais mon sponsor principal m’a lâché à quelques jours du départ. Je suis revenu en kart en espérant rebondir.

Gilbert Bailly : Les résultats et le talent ne suffisent plus. Malgré d’excellents essais l’hiver dernier, ce retrait a eu un effet domino sur les autres sponsors, preuve de la fragilité du secteur. Benjamin m’a lui-même annoncé vouloir jeter le gant pour ne pas mettre en péril la famille en nous poussant à nous endetter pour entretenir ce rêve. Un journaliste a parlé récemment de recul pour mieux préparer l’avenir, ce que j’espère. Nous gardons espoir car des structures commencent enfin à se mettre en place pour, indirectement, compléter ce qu’apporte le privé. Le RACB, longtemps frileux avec les disciplines que nous apprécions, est en train de mettre en place un concours garantissant un volant sur une saison que Benjamin a des chances d’obtenir. Il y a une inflation incroyable des coûts. Si tu as la chance d’entrer dans une usine, tu peux entretenir le rêve, mais les places sont chères. Si tu n’as pas cette chance – et les teams professionnels se comptent en Belgique sur les doigts d’une main –, il faut savoir qu’une usine réclame aujourd’hui 7000 € pour la préparation du kart en KF1. 7000 € par course, soit 70 000 € la saison pour un gamin de quinze ans. C’est de la folie. Un budget pareil est impossible à boucler en Belgique.

Le karting en pratique

Les plus jeunes pilotes de karting n’ont pas 10 ans. Entre 11 et 13 ans, ils roulent en catégorie cadet. Les 13/15 ans poursuivent en KF3 puis, à partir de 15 ans, en KF2. S’ils obtiennent assez de résultats, ils reçoivent une licence pour la catégorie reine : la KF1. Les plus talentueux passent ensuite aux voitures.

 

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Maxime Soulet, gagnant du deuxième meeting du Belgian GT Championship, sera au départ des 24h de Spa

A 24 ans, Maxime Soulet fait avec les moyens du bord. Membre du team Porsche de Pino Sperlinga avec qui il a remporté en 2007 le championnat Belcar, il poursuit néanmoins sa progression dans le secteur du Grand Tourisme. Le 11 mai dernier, associé à Greg Franchi, il remportait à Dijon le deuxième meeting du Belgian GT Championship. Il sera au départ des 24h de Spa.

Comment êtes-vous venu à la course automobile ?

Très jeune, après avoir reçu un kart à Saint Nicolas lorsque j’avais six ans. Deux ans plus tard, j’étais champion de Belgique. Je suivais le cheminement habituel, mais à 13 ans, mes parents ont décidé d’aller vivre en Afrique du Sud où le kart n’existe pour ainsi dire pas. J’y suis resté jusqu’à 20 ans. A mon retour, j’ai repris goût aux courses via la VW Fun Cup. Comme les résultats suivaient, j’ai pu viser une saison en Formule Renault, championnat que j’ai terminé à la 3e place. Ces résultats m’ont permis de rejoindre le team Boutsen et de continuer à apprendre en monoplace. J’ai pu partir un an aux USA pour y faire le Formula BMW, championnat de sept courses où j’étais second à deux courses de la fin lorsqu’un sponsor nous a fait faux bond, m’obligeant à revoir mes ambitions. Depuis mon retour en Belgique, je me suis réorienté vers les voitures de tourisme, intégrant récemment l’équipe de Pino Sperlinga. 

Vous ne rêvez plus de Formule 1 ?

Il y a longtemps que je ne rêve plus de Formule 1, vu mon séjour en Afrique. Par contre, le passage en GT (Grand Tourisme), me laisse l’espoir de vivre de ce métier. Les budgets sont moins difficiles à boucler par rapport à la monoplace car il s’agit de voitures plus proches du public. Elles font rêver, mais le rêve n’est pas inaccessible.  J’obtiens des résultats dans des catégories où, à 24 ans, je reste un pilote jeune.

Qu’est-ce que le métier de pilote aujourd’hui ?

Il faut non seulement être rapide, mais il faut aussi pouvoir ménager sa voiture sur le long terme. Les relations publiques prennent de plus en plus d’importance. On ne peut plus demander à un sponsor de simplement poser son nom sur une carrosserie. Il faut créer des événements où vous pouvez partager avec lui votre passion. 

Que coûte une saison en GT ?

Tout dépend de qui vous êtes et de la catégorie. Je peux vous donner une échelle de prix, entre 20 000 et 75 000 €. Ce budget varie suivant les demandes et les attentes du team. Il s’agit d’un équilibre. Le team vous demandera moins s’il a confiance en vous, s’il sait que vous irez chercher des résultats. Ce genre de choses se négocie dans la discrétion, au cas par cas, en fonction de la personnalité du pilote, de ses résultats et des engagements qu’il prend sur sa disponibilité. 

Pino Sperlinga

Ancien pilote champion de Belgique ASAF et champion Procar, Pino Sperlinga a mis en place un des rares teams professionnels en Wallonie. Ses voitures, Porsche 997 GT3 Cup et Porsche 997 GT3 Cup S, sont préparées dans un atelier discret de la banlieue de Charleroi. En 2007, il remportait le Championnat Belcar.

Comment un team se construit-il ?

Après une carrière de pilote, j’ai longtemps été concessionnaire Mercedes sur Charleroi où je vendais également des voitures de haute gamme. J’ai créé ce team il y a cinq ans, par passion. Nous sommes une équipe de cinq personnes. Le team prépare des voitures pour différents clients, et inscrit également ses propres voitures sur les courses. Nos résultats font notre réputation. On travaille pour rouler le dimanche ; on roule pour travailler la semaine. Vous gagnez votre vie, mais vous ne roulez pas sur l’or. 

Que coûte une voiture de Grand Tourisme ?

Une voiture peut coûter entre 135 000 et 250 000 €. Les montants varient suivant les demandes et la préparation. Le secteur connaît une inflation énorme depuis deux ans alors que le sponsoring est de plus en plus difficile à trouver. Il existe deux types de sponsoring, celui qui veut être vu, et celui qui réclame de la discrétion. Celui-ci vient au sport automobile par passion ou pour pousser quelqu’un. Pour trouver ces sponsors, il y a les amis, les connaissances et les réseaux, mais tous ont en commun la discrétion comme exigence.

Pourquoi cet engagement ?

Par passion. J’aime gagner, mais je sais dans quelle catégorie je peux gagner. Mes moyens me permettent d’aligner des voitures dans des catégories où je peux chaque fois viser le top 3. Seul ce type de résultat attire l’attention des clients. Je ferais une erreur en visant la 5e ou 6e place dans une catégorie supérieure. Aux 24h de Spa, cette année, nous n’irons comme d’habitude pas pour la 1re place, mais pour gagner dans nos catégories, voire ramener la Coupe du Roi, ce que nous avons fait par le passé. Ces résultats, les professionnels les apprécient. 

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Stefaan Bettens

Stefaan Bettens est le fondateur de Jet Import. Installée à Menin, sa société s’est fait connaître en Belgique et au Luxembourg au milieu des années 90 avec la distribution de la boisson énergétique Red Bull et des bières Corona. Dès le début, Stefaan Bettens s’est montré intéressé par la course automobile pour relayer ses produits.

A quand remonte votre première collaboration avec le sport automobile ?

Fred Bouvy est venu me voir lorsque j’ai lancé Corona. Nous avons depuis grandi ensemble, échangeant les collaborations. Red Bull a longtemps été associé aux noctambules, à la fête et aux soirées techno, position que la course automobile a permis de recadrer. La course est un support intéressant car elle évoque le dynamisme, l’audace et la jeunesse. C’est un domaine controversé, mais cela n’est pas pour me déplaire car le produit Red Bull fait également débat. 

Frédéric Bouvy ou Damien Coens sont propriétaires de restaurants ou de boîtes de nuit. Cela joue-t-il dans votre soutien ?

Non. J’ai soutenu Fred avant ses investissements, mais ceux-ci témoignent d’une personnalité dynamique, capable de se débrouiller pour vivre sa passion. Une voiture de course coûte aussi cher en Belgique qu’en Allemagne, mais les sponsors sont bien moindres d’autant que nous jouons sur deux communautés linguistiques. Un pilote belge doit faire preuve d’inventivité et de débrouillardise : l’attitude est également très Red Bull. 

 

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Stéphane Sertang

Administrateur délégué du groupe Ginion, Stéphane Sertang dirige quelques-uns des plus beaux garages de la région bruxelloise. Concessionnaire BMW et Volvo, il est également devenu concessionnaire officiel Ferrari et Maserati, mais aussi l’unique importateur Rolls-Royce sur la Belgique et le Grand-duché du Luxembourg. Il considère la course automobile comme une priorité pour l’image de son groupe.

Comment vous êtes-vous intéressé au monde automobile ?

Très jeune, la vie m’a rapproché de mon oncle, concessionnaire BMW à Woluwé. Celui-ci a commencé sa carrière avec un petit garage qui a profité du boom qu’a connu BMW dans les années 60 et 70. Cet endroit était ma plaine de jeux. J’ai épousé la fille d’un concessionnaire BMW de Wavre qui m’a permis de reprendre son garage en 1998. Le métier a connu une profonde évolution : aujourd’hui, être concessionnaire ne demande pas seulement de pouvoir vendre et assurer l’entretien d’une voiture, mais réclame aussi des connaissances en marketing, électronique, carrosserie et la capacité de pouvoir diriger une équipe. Nous nous sommes développés en acquérant un portefeuille de marques répondant aux exigences d’une clientèle diversifiée : j’ai repris une concession Volvo en 2001, à Wavre, puis une seconde concession BMW à Overijse, en 2003, avant, trois ans plus tard, d’acquérir le garage Francorchamps de Waterloo qui incluait Mini, Ferrari, Maserati et la distribution exclusive de Rolls-Royce sur la Belgique. 

Comment s’est construite votre stratégie ?

Je voulais disposer d’un portefeuille de marque équilibré, s’adressant tant aux sociétés qu’aux particuliers. Il fallait ensuite associer des marques porteuses de valeurs fortes : BMW, c’est le dynamisme, le sérieux, le design et une technologie de plus en plus respectueuse de l’environnement ; Volvo est davantage dans une image de sécurité intéressant les familles ; Mini vise les populations plus jeunes et plus branchées ; Ferrari joue la puissance ; Maserati, l’élégance et Rolls, le prestige.

D’où vient votre engagement dans la course automobile ?

Il s’est concrétisé avec la reprise du garage Francorchamps, présent sur les circuits depuis longtemps. Je vends des voitures d’exception ; la course offre au public un moment d’exception. Autre atout: une course crée une équipe qui découvre dans la préparation des voitures, la victoire ou la défaite de vraies valeurs de solidarité. Enfin, la course permet pas mal d’opérations de relations publiques. Je pense ici autant à la compétition classique qu’aux rallyes historiques comme le Mille Miglia où d’autres valeurs sont mises en avant. 

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Xavier Laporta, Directeur de la Publicité Renault Belgique.

Quelle est la place de la compétition automobile chez Renault ?

Sur l’international, le Renault F1 Team a débuté au Championnat du monde de F1 en 1977, avant de se retirer en 1985, ne gardant plus que le rôle de motoriste. Depuis 2002, nous avons fait notre retour en tant que constructeur de châssis suite au rachat de l’écurie Benetton. Ce retour s’est concrétisé par deux titres mondiaux des constructeurs (2005-2006) et les titres de Fernando Alonso. Notre engagement est assuré jusqu’en 2012. La présence de Renault sur les circuits de Formule 1 est aujourd’hui plus importante dans ces pays émergents que sont la Chine, la Malaisie, la Turquie, l’Inde ou le Brésil qu’en Europe où nous avons construit notre image dans les années 80 et 90. Au niveau national, par contre, Renault Sport Technologies est une division qui a pour mission de développer les dérivés sportifs de la gamme, les produits de petites séries et la compétition dans les disciplines hors F1. Renault Belgique Sport Technologies commercialise des véhicules de compétition pour ses clients et organise des formules de promotion via des courses. Notre soutien varie d’une année à l’autre, suivant les championnats que nous organisons ou que nous chapeautons : en 2008, nous avons relancé la formule Clio Cup. 

Quelle fut votre évolution sur les circuits belges ?

Il y a moins de monde autour des circuits aujourd’hui qu’il y a 15 ans. Les raisons sont multiples : offre de loisirs plus large, image du sport automobile en question, recul de l’intérêt médiatique, etc. Cette chute d’intérêt entraîne celle de la presse et du sponsoring. Nous privilégions aujourd’hui des événements comme les World Series by Renault où différentes compétitions mettant aux prises des véhicules Renault sont programmées et associées à des festivités familiales. Les précédentes Series ont réuni 75 000 personnes à Francorchamps, donnant à cet événement la seconde fréquence publique après le Grand Prix de F1. L’intérêt est toujours là pour la voiture, mais les gens veulent autre chose qu’une simple course.

René Sépul – photos Cici Olsson

23/05/2008

La Cambre 08: mode et art en attraction

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L'invité de La Libre Essentielle dans le numéro paru le 19 mai, Tony Delcampe pour l’atelier de stylisme de La Cambre. Retouvez ce numéro sur le site www.lalibreessentielle.be et participez au défilé les 6 et 7 juin aux Halles de Schaerbeek

Les temps dansent !

Une aile d’avion en guise de podium pour le défilé 2008 baptisé Honeymoon, La Cambre vous emmène en voyage.

La mode sera votre altesse de l’air.

Ou plutôt, altesse de l’ère car grâce aux stylistes, les temps dansent !

La mode, ce n’est pas chercher à « être tendance » mais c’est faire danser les temps que nous vivons.

Le créateur est le chorégraphe d’un ballet de tisseurs, de confectionneurs, de mannequins… de tout un monde, artistique et économique, dont il catalyse les énergies.

Loin de l’image du « narciste » fantasmant sur ses croquis tracés au fond d’un atelier, le créateur de mode s’ouvre à la musique, aux produits de beauté, au monde de l’image, à l’Art en général.

L’Art avec un grand « Ah ! ».

Et les vêtements qu’il taille sont les atours d’une noce réussie entre sensibilité et technique. Honeymoon…

Notre guide pour ce défilé 2008 : Tony Delcampe, révélateur de talents à la Cambre, cette pépinière de stylistes au zèle déployé.

Ce numéro Libre Essentielle est lacambresque !

Coulé dans la même philosophie.

Découvrez les rapports entre la mode et les cosmétiques, la mode et l’académie de musique de Libramont, la mode et le mécénat… Lisez des portraits de nouveaux talents, d’étudiants. Et furetez dans les coulisses d’un défilé…

Un numéro pour faire le tour de ce monde.

Un tour de taille !

Evidemment…

Bruno Coppens - photo Cici Olsson

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de gauche à droite Caroline Mierop, directrice de La Cambre, Jean Boghossian, Christel Trosch, responsable de communication chez Dior et Christiane Thiry, rédactrice en chef de La Libre Essentielle

Le prix du défilé !

Lieu de présentation de la créativité des élèves auprès du public, le défilé de fin d’année est soutenu par des partenariats forts qui se sont développés au fil des ans avec La Cambre pour financer l’évènement.

Propos recueillis par Françoise Raes - photo Steven Ledoux

Le défilé est un aboutissement. Le moment de se confronter au public pour des élèves qui sont avant tout des créateurs. Le lieu où ils seront évalués par le jury, jugés par l'assistance.

« Le défilé est fondamental d’abord pour des raisons pédagogiques » explique Caroline Mierop, directrice de La Cambre. «  Mais, malgré cet intérêt pédagogique, l’école ne dispose pas de budgets suffisants pour l’organiser. Ainsi, depuis la création de la section, le défilé a dû s’autofinancer » poursuit la responsable. Le budget actuel du défilé de La Cambre est d’environ 120 000 euros ; approximativement 50% sont financés grâce à la billetterie et au soutien des partenaires récurrents et près de 25% par la contribution des élèves. Chaque début d’année, La Cambre dispose donc de 75% du budget du défilé et doit trouver le dernier quart à travers des partenariats ponctuels. Un travail de récolte de fonds réalisé avec enthousiasme, mais qui demande énormément de temps et d’énergie pour l’école. Il faut souligner que le défilé a pris au cours des années une autre ampleur qu’à ses débuts.

Des partenaires fidèles

« Il est très difficile de chiffrer l’apport de nos partenaires principaux. Si nous devions budgétiser le partenariat presse avec La Libre Essentielle, les heures de maquillage de Dior et celles de coiffure de Jean-Claude Biguine, les heures supplémentaires de l’équipe pédagogique et du service comptable de l’Ecole, nous serions évidemment bien au-delà des 120 000 euros ! » précise Caroline Mierop.

Les élèves apportent chacun 500 euros, une contribution significative. Depuis l’année dernière, l’école soutient les étudiants boursiers ou ceux qui relèvent de l’aide sociale en leur apportant une partie de cette somme. La plupart des étudiants trouvent des sponsors pour réunir cet argent.

Les principaux partenaires du défilé sont pour le secteur privé (qui constitue l’essentiel de l’apport) : Dior, la Fondation Boghossian, la Libre Essentielle et  Jean-Claude Biguine. Du côté public, le Ministère de la Culture de la Communauté française, Bruxelles Export et les Halles de Schaerbeek.

 

19/05/2008

Regards passion

 

 

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"Nous ignorons vraiment ce qui pousse l'homme à connaître le monde. Est-ce la curiosité? La soif d'émotions? Le besoin d'être constamment surpris? L'homme qui cesse de s'étonner est un être creux, son coeur est calciné. L'homme qui considère qu'il est arrivé au bout du chemin, que plus rien ne peut surprendre, a perdu le joyau de sa vie, la beauté" (Ryszard Kapuscinsky « Mes voyages avec Hérodote », 2006, Plon, p. 277)

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C’est aussi la démarche de Benoît Feron, photographe, qui nous offre à travers son travail un regard passionné sur la nature et sur le monde. Travail à découvrir dès le 5 juin lors de l’exposition « Surma, Faces & Bodies », Galerie Duqué et Pirson, chaussée de Vleurgat 109, 1050 Bruxelles (du 5 Juin au 5 Juillet 2008) « Je pratique la photo depuis qu'un beau jour, mon grand-père m'a offert mon premier appareil photo. Je m'en rappelle comme si c'était hier, même si je n'avais que six ans. Depuis, mon intérêt pour la photo ne s'est jamais démenti, même si à une époque il s'est un peu endormi, par la contrainte d'une activité professionnelle fort envahissante. Il s'est cependant réveillé brutalement il y a quelques années lors de la découverte des plaines du Serengeti en Tanzanie pour devenir aujourd'hui une véritable passion. Une passion nourrie par l’amour du voyage et le désir de découvrir notre planète et les merveilles dont elle regorge encore, avec une attirance marquée pour ce continent unique qu'est l'Afrique, sa lumière inégalée, sa nature infinie et sa faune sauvage, mais aussi la diversité de ses peuples et leur extrème beauté. Cela m’amène à prendre des images finalement très différentes car je suis ému par des choses fort différentes, allant de la beauté des gens et la profondeur de leur regard – sans doute ce qui me touche le plus - à l’élégance de la faune sauvage, en passant par l’esthétisme et la complétude de la nature, perceptible tant dans son immensité que dans certains détails qu’on ne voit qu’à travers un objectif macro. Ces thèmes fort différents ont cependant un vecteur commun: l’authenticité et l’émotion qu’elle provoque. »

28/04/2008

fou de Fooding avec le chef Yves Camdeborde

Notre invité, Yves Camdeborde

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Les 400 goûts

L’édito de Bruno Coppens – photo Cici Olsson

Fou dingue du Fooding® ?

Alors ce rendez-vous est pour vous : les 17 et 18 mai, parcours gastronomique dans Bruxelles. Un week-end Fooding® pour apprendre à cuisiner et pour déguster d’exquises préparations en compagnie des plus grands chefs !

Un week-end pile-poêle pour les gastronomes !

Le samedi, chez Mmmmh avec les chefs français Yves Camdeborde et William Ledeuil, apprenez secrets, trucs et astuces… Ça vaut le goût, non ?

Puis le dimanche, grande journée ! Du déjeuner (Place St Boniface) où Wouter Keersmaekers, Pascal Devalkeneer et Yves Camdeborde vous concocteront des tapas à la bière… à l’apéritif dînatoire (au Bota) où David Martin, Christophe Hardiquest et William Ledeuil prépareront des cocktails à base de Ricard… en passant par le goûter (au Fawa) en compagnie de Sophie Tordoir, Line Couvreur et Pierre Marcolini pour des jeux sur les glaces ! Attention aux dégâts chocollatéraux !

3 lieux, 3 chefs par lieu ! Impérial comme week-end !

Des fastes food vraiment emballants !

Alors n’oubliez pas ce célèbre dicton culinaire : « En mets, faites ce qu’il vous plaît ! »

Ajoutons que cette opération est pétrie de bonnes intentions puisque les bénéfices seront versés à la Croix-rouge ! Alors de suite, cochez dans votre Haagen-Dazs… heu… dans votre agenda, les 17 et 18 mai : OCCUPÉ !

Ce numéro Libre Essentielle est une belle mise en bouche.

Des recettes, des idées d’escapades gastronomiques, des rencontres… Des bons plans et des bons plats ?

Alors, tournez la pâte et puis feuilletez, refeuilletez.

Ensuite, vous n’arrêterez… pâte feuilletée ! A table !

Le week-end Fooding® à Bruxelles

Fooding ? Food + feeling. Art de vivre la cuisine sans pincettes ni réglettes. Sincérité, authenticité, créativité, personnalité, qualité, pluralité sont des mots qui vont tellement bien ensemble : les voici réunis. Neuf chefs engagés, des partenaires militants, un week-end, Bruxelles, l’intégralité des entrées reversée à la Croix-Rouge… Tout un programme que  retrouverez lors de l’événement Fooding® organisé à Bruxelles les 17 et 18 mai.

En bref 

Le samedi 17 mai,

Rendez-vous chez Mmmmh ! (Chaussée de Charleroi 92) pour des leçons de cuisine par deux chefs parisiens, invités du Fooding® Bruxelles 2008. Inscriptions : www.mmmmh.be ou par téléphone au 02 534 23 40.

Le dimanche 18 mai

- de 12 à 15h, rendez-vous pour le déjeuner, Place Saint-Boniface, au Comptoir, chez Mano a Mano et au Deuxième Elément.

- de 15h30 à 18h30, rendez-vous pour le goûter à la Food & Wine Academy (entrée par le 77 rue Franz Merjay)

- de 19 à 23h, rendez-vous au Café Bota (rue Royale 236) pour l’apéritif dînatoire

Réservez votre coupe-file S.Pellegrino sur www.lefooding.com et bénéficiez d’un accès prioritaire pour déguster le programme dans les meilleures conditions.

 La gastro du feeling
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Alexandre Cammas, journaliste gastronomique, est à l’origine du concept de Fooding®, un mouvement qui entend dépoussiérer la gastronomie et offrir des moments de découvertes collectives aux adeptes d’une gourmandise novatrice et parfois impertinente. Entretien.

Propos recueillis par Françoise Raes

Le Fooding®, qu’est ce que c’est ? Et d’où ça vient ? J’ai écrit le mot « Fooding » pour la première fois en 1999, sans velléité ni ambition mais juste pour faire une rime ! Très étrangement, ce mot sorti de nulle part a fait mouche. Le terme a été repris par des gens pointus, comme Thierry Ardisson, etc. J’ai évoqué ce phénomène à des amis, eux aussi journalistes gastronomiques, et je leur ai dit : « Puisque que ce mot fonctionne, pourquoi ne pas en faire un étendard de notre passion ? Et montrer un autre visage de la gastronomie ? Pas seulement les grandes toques, les cols bleu blanc rouge, mais aussi que l’on peut s’amuser avec la cuisine et avoir un esprit plus frondeur, plus zappeur avec la gastronomie. Qu’il n’y a pas une « grande cuisine » mais seulement des bonnes et des mauvaises cuisines. Bref, mettre un peu de « cool » dans le monde de la table. C’était une envie que nous avions tous, et que nous exprimions déjà à travers les textes et les piges qu’on écrivait à ce moment-là.

Cette envie de désacraliser la gastronomie, de cuisiner selon le goût de l’époque, était-ce aussi une réalité dans les cuisines ? Oui, tout à fait. Ce désir-là, on le retrouvait évidemment parmi les chefs. Nous aurions pu créer un magazine ou une émission de télé mais nous n’avions ni les contacts ni les moyens d’un tel projet. Nous nous sommes dits, créons un événement Fooding®. A cette époque, j’assurais la co-rédaction d’un guide pour le magazine Nova qui s’appelait Boire et Manger. Comme il y avait des petits textes en anglais dedans, on avait ajouté « with feeling » pour attirer les lecteurs anglo-saxons. Fooding c’est la contraction de « food » et de « feeling ». Le terme allait comme un gant, ce désir d’une nouvelle approche de la cuisine qui soit une cuisine au feeling, à l’intuition, une cuisine en liberté et aux sentiments, avec l’envie de s’amuser, une cuisine qui peut être inspirée des gens avec qui on est,  avec qui on cuisine, bref, avec qui on a envie de passer un bon moment.

Ce guide proposait un élargissement de la grille de lecture de la table gastronomique puisque, nous ne proposions pas seulement aux gens d’aller au resto pour y manger mais aussi d’y aller avec un état d’esprit, ouvert au feeling du jour. Il n’y a pas une seule raison pour avoir envie d’aller au restaurant ou de cuisiner, mais des tas de raisons ! Et c’est cela aussi que nous voulions mettre en avant ! En décembre 2000, avec deux francs six sous, on a créé la première semaine du Fooding® qui a été un très bel événement et qui a eu un bel écho dans la presse. Nous y avons remis des prix à des restos gastronomiques, à des bistrots et des restos à la mode. L’idée, c’était de tout mélanger : les torchons et les serviettes ! Alors que cela ne c’était jamais fait jusque-là… En 2003, nous avons créé le Bureau du Fooding® et nous avons professionnalisé les choses. Aujourd’hui, nous réalisons notre Grand Fooding® d’Eté (NDLR : une sorte de grand pique-nique géant où ce sont des créations de chefs renommés qui remplissent les assiettes en plastique) dans cinq grande villes de France ». La troisième version de notre site internet est un vrai magazine sur le goût de l’époque. Et cerise sur le gâteau, nous réalisons notre premier événement en dehors de France, avec le week-end du Fooding® à Bruxelles. Ce qui nous excite beaucoup !

Quel regard portez-vous sur la gastronomie belge ? Pendant deux mois, je suis venu vivre à Bruxelles pour m’imprégner des lieux, de l’ambiance et surtout pour rencontrer des gens. Après ce court séjour, j’ai le sentiment que la notion de « on joue avec la nourriture » est nettement plus acquise à Bruxelles et en Belgique d’ailleurs qu’en France. J’ai trouvé beaucoup d’endroits extrêmement agréables, où il y a une âme et où on sait faire plaisir et se faire plaisir. Il y a plein de petites adresses de ce type-là à Bruxelles. Je crois que ce n’est pas anodin si on trouve des Pain Quotidien aux quatre coins du monde ! Je trouve les Belges très forts sur l’idée même du Fooding®. Il y a dans les restaurants une volonté de cuisiner au goût de l’époque. C’est quelque chose qu’on ressent vivement à Bruxelles. Là où les Belges sont très bons, je pense, c’est la création d’univers, l’envie de faire plaisir, de recevoir les gens dans quelque chose de différent, de plus personnalisé.

Plus d’infos sur www.lefooding.com

La vie à bon compte

 Yves Camdeborde est à l’origine de la bistronomie, genre culinaire apparu dans les années 90, à Paris. Compromis entre bistrot et cuisine gastro, l’approche laisse la part belle à l’âme du chef. Elle réunit gastronomie, produits de qualité et belle ambiance. Ceux qui la défendent font des émules et rendent à Paris des airs des fêtes.

René Sépul – photos Cici Olsson

La gastronomie que défend Yves Camdeborde n’a pas grand-chose à voir avec le cliché que l’on se fait d’une cuisine de bistrot ou de brasserie, du moins en Belgique. La bistronomie, genre né dans les années 90 à Paris avec La Régalade, apprécie certes la simplicité et la décontraction des troquets d’autrefois, mais ne serait rien sans la rigueur, le produit de qualité et la générosité de ceux qui la défendent. « Quand j’ai repris La Régalade, la presse m’a collé cette étiquette de bistronomie que je ne revendiquais pas », se souvient Camdeborde. « Les produits que je voulais travailler n’avaient rien à voir avec ce que l’on trouvait en brasserie, et encore moins dans les bistrots. Par contre, c’est vrai, je voulais ramener autour de la table un peu de convivialité, de simplicité et de souplesse. Cette histoire s’est mise en place par hasard. Quand nous avons ouvert La Régalade, la Guerre du Golfe laissait des traces. Je savais que la restauration de haute gamme allait en prendre un coup car j’en avais fait l’expérience quelques années plus tôt au Ritz. Moi et mon épouse, nous avons alors fixé 500 FF comme limite à ne pas dépasser, par personne, pour un repas complet. »

« Cela, c’était pour le prix », reprend le restaurateur. «  Mais il y avait aussi cette idée que bien manger ne pouvait être réservé à une élite. Je savais enfin que si je voulais ramener les gens au restaurant, je devais rester sur le beau produit. Je ne voulais d’ailleurs pas oublier ce que j’avais appris auprès de Christian Constant au Ritz et au Crillon. Par contre, on pouvait simplifier le service et le cadre, dépoussiérer les habitudes sans tomber dans le laisser aller. L’idée était simplement de créer un lieu avec une âme, une cuisine accessible, une personnalité et une ambiance. Le malheur de la gastronomie française, c’est d’imaginer qu’on ne peut bien manger que dans le luxe et en dépensant beaucoup d’argent. Il y a 7-8 ans, l’initiative du Fooding® a fait tomber cette énorme barrière en permettant aux gens de manger une cuisine de qualité, identique à celle que l’on pourrait trouver dans un établissement de luxe, dans des endroits décontractés. La clientèle a ouvert les yeux : on peut aujourd’hui bien manger dans un cadre accessible où l’on emploie les mêmes méthodes que dans les grandes maisons. On va dans un resto ! On ne va pas au Louvre ! »

Le grand retour des légumes

Habité d’un accent qui n’a rien perdu des collines du Béarn, le chef associe qualité du produit avec âme, force et identité. « Un bon produit raconte d’où il vient. Si je parle d’haricots tarbais, de piments d’Espelette, de veau de Corrèze, d’un canard du Gers ou d’un artichaut de Bretagne, tu le goûtes rien qu’en l’entendant. Aujourd’hui, on fait aussi une cuisine plus digeste, même si on appelle ça cuisine du terroir. Le client fait attention à sa ligne. De nombreuses campagnes anti-cancer nous disent de manger autant de fruits et de légumes au quotidien, ce credo doit aussi se retrouver au restaurant. J’ose proposer une assiette de légumes en plat et non plus en accompagnement. C’eût été impossible il y a 20 ans. Le légume est devenu une matière première. De là, à dire que je remets au goût du jour les légumes oubliés, je ne sais pas ce que ça signifie. J’ai toujours travaillé la crolle, le topinambour, le rutabaga, le salsifis… Je mets un point d’honneur à travailler avec des ingrédients de proximité que vous trouverez sur un marché local. Le reste, c’est une question de service et d’ambiance. J’aime la cuisine qui laisse des beaux souvenirs. Je n’aurais pas pu me plaire dans un restaurant où je ne me sentais pas bien, tant en salle qu’en cuisine. Il fallait également savoir s’entourer car un restaurant, c’est d’abord du travail d’équipe : si tu veux une clientèle contente, il faut que cela rigole aussi en cuisine. »

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Le Café Constant

Père spirituel

Le succès de La Régalade fut tel que l’endroit réclamait de s’y prendre une année à l’avance pour réserver une table. Le Béarnais rappelle que l’aventure n’aurait jamais existé s’il n’avait été pris en main par Christian Constant qu’il qualifie de père spirituel. Celui-ci, le premier, lui ancra, à lui comme à quelques autres, la confiance dans une cuisine marquée par le terroir et l’indispensable rigueur nécessaire à toute démarche de qualité. « Je viens de Montauban, pays du rugby, pas très loin du Béarn d’Yves », réagit celui-ci. « Jusqu’à quatorze ans, j’avais un pied dans l’équipe locale, un autre dans la cuisine de ma mère. J’adorais ça ! Le père d’un copain, restaurateur, m’a pris en cuisine. Là, j’ai continué à baigner dans l’odeur du graillon, l’odeur du bon, et j’ai fait de ces parfums mon métier. »

Passé par les cuisines de Ledoyen, puis du Ritz, Christian Constant y voit débarquer dans les années 80 un adolescent un peu revêche accompagné de son père. « Yves, c’était du Béarnais pure souche, mais j’ai vite senti le talent pour la cuisine. Le gamin avait tout à apprendre, mais il le savait, et il ne fallait pas lui expliquer deux fois la même chose pour qu’il comprenne. »

Parfums de graillon

Camdeborde accompagne Constant quand celui-ci est appelé à diriger le restaurant Les Ambassadeurs du Crillon, deux étoiles au Michelin. « J’avais mes deux lieutenants », se souvient le chef. « Yves et Fréchon, aujourd’hui à la baguette du Bristol. Deux gars aussi doués l’un que l’autre, mais différents : Yves a trouvé son bonheur dans une cuisine de convivialité ; Fréchon apprécie davantage une cuisine de reconnaissance. Au Crillon, j’ai commencé à introduire ces odeurs de graillon dont j’ai parlé, chose que je ne pouvais faire au Ritz où j’étais second. Ce n’était pas évident, mais c’était ce que je faisais le mieux. Un pied de porc, par exemple ! A l’époque, tu n’imaginais pas un pied de porc à la carte d’un étoilé. Mais ce pied ne venait pas de nulle part, et on le travaillait en finesse. Mon équipe avait une envie de refaire le monde avec ce qu’elle savait faire de mieux, et on a gardé nos étoiles avec une autre cuisine. »

Etoilé ou non ?

Christian Constant se distingue de Camdeborde dans le regard qu’il porte aux étoiles. « Je mentirais si je vous disais que j’y suis insensible. Une époque, ces étoiles, c’était toute ma vie ! Puis un jour, j’ai relativisé. Je voyais Yves, avec sa Régalade, son ambiance, ou Faucher, avec son Os à Moelle, qui n’en avaient rien à balancer du Michelin. Je voulais faire comme eux, mais je suis étiqueté. Constant ne pouvait être qu’étoilé ! Quand j’ai ouvert le Violon d’Ingres, ma première adresse personnelle, j’ai rapidement reçu une étoile et puis deux. Je ne les demandais pas, mais tu es pris par le jeu. L’étoile t’oblige à investir dans et à côté de l’assiette. C’est une autre approche. Je vis aujourd’hui avec les critiques du Michelin, sans toujours les comprendre car elles ne changent pas ma manière de faire. Quand je gagne une étoile, j’ouvre le champagne ; quand je la perds, j’ouvre une autre bouteille de champagne, même si, je le reconnais, cela fait toujours un peu mal. » Christian Constant dirige aujourd’hui quatre adresses sur un mouchoir de poche, rue Saint Dominique. Le Violon d’Ingres joue la carte gastronomique. Les Fables de la Fontaine, bâtiment voisin, proposent poissons et crustacés tandis que Les Cocottes et Le Bistrot Constant, l’ancien bar de Mme Irène – reine incontestée du croque-monsieur, où l’on a conservé les frigos, les néons et le Formica –, sont sur le registre bistrot. A midi, on y propose céleri rémoulade, terrine maison, en passant par l’œuf mimosa, le jarret de porc et foie gras aux lentilles ou l’escalope milanaise et son gratin de macaronis. « Plus tu montes dans la gamme, plus tu penses à l’épure et à la présentation », conclut Constant. « L’étudiant ou le patron ont accès au même produit. Le service diffère, comme le travail du produit et la carte des vins. »

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Thierry Faucher, chef de la Cave de l'Os à Moelle
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Egalement un ancien de la brigade Constant, Thierry Faucher a poussé plus loin encore la convivialité, en ouvrant après l’Os à Moelle, repaire de ripailleurs en tout genre, la Cave de l’Os à Moelle, la table d’hôte la plus sympathique de Paris, adresse où les amoureux de bonne chaire dégustent les propositions du chef tout en choisissant leur vin dans les rayonnages, vendus à prix caviste. La table offre terrine de boudin noir, carottes râpées, salades de lentilles et de betterave, une soupe, un plat du genre canard braisé ou porc aux carottes, le plateau de fromage et un assortiment de dessert, le tout pour 22 €. « J’ai grandi dans une famille du Poitou où la notion de table s’accordait avec celle de plaisir », explique Thierry. « Quand je suis arrivé à Paris, j’ai découvert le classique au Bristol, la rigueur et le produit chez Taillevent, puis le produit et le naturel au Crillon. Après cela, j’étais fin prêt pour me lancer à mon compte, mais c’est le goût de la cuisine que Camdeborde et Constant défendent que je voulais entretenir. »

Cuisine simple, familiale et conviviale

Chez Faucher, l’esprit d’une cuisine simple, familiale et conviviale se renforce jusqu’à louer des vélos à ses clients, et leur préparer un pique-nique pour l’après midi. Je vous laisse imaginer les dimanches de fête… De là, les clients, en famille, partent le sac en bandoulière vers les parcs du coin ou les quais de la Seine. Ils ont choisi un de ces vins rebelles et naturels qu’apprécie le patron, pleins de vie et de fête que l’on prend soin d’ouvrir et de goûter avant d’enfourcher les bécanes.

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Stéphane Jégo, chef de l'Ami jean

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 Lieutenant de Camdeborde plus de dix ans à La Régalade, Stéphane Jégo, breton pure souche, entretient l’esprit de générosité du maître dans une adresse qui fut longtemps le point de chute de la communauté basque débarquant à Paris.  « C’était un lieu rempli d’accueil et d’authenticité. Je voulais respecter cet esprit comme le savoir-faire que Camdeborde m’a donné. » Le temps m’a pris de court pour m’asseoir à la table d’un type transpirant d’honnêteté, mais je me suis juré d’y revenir. Il faut dire que les mots qui suivent, lu dans l’Express, invitent à la découverte. « Jégo ne s’interdit rien, s’autorise le reste, cuisine sur ressort et ajuste une carte à rallonge, ouverte au plaisir, fermée au reste. Inclassable Jégo, capable de trousser dans le même élan du ménager, du régionaliste, du contemporain (chipirons, sardines mi-cuites, persillé de cochon à la vinaigrette de lentilles du Puy, saint-jacques rôties au potiron, pommes poêlées au beurre demi-sel…). Avec lui, le terroir fait des pointes et les mangeurs viennent chercher, ici, comme un écho à leur gourmandise… »

Les leçons du maître

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Sylvain Danière, chef à l'Ourcine

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Nous ne nous sommes pas assis car nous étions attendus à l’Ourcine, repaire de Sylvain Danière, autre élève qui interprète également à sa manière les leçons du maître. Au premier abord, c’est moins brut, plus mignon côté décor. Sur l’ardoise, vous retrouvez inscrits produits du marché, prix à l’avenant, ambiance bon enfant et odeurs de saison. Franchement, c’est le genre d’endroit où vous sentez assez vite que tout va bien se passer. Rien de clinquant, pourtant, et un chef qui vous dit bien vite qu’il a commencé par investir dans la cuisine et les assiettes plutôt que ses murs. Puis qui vous parle de ses gosses, de l’ambition de rester accessible aux gens du coin, des habitués, et puis de sa mère qui passe de temps en temps lui dire ce qu’elle pense de tout cela. Entre élégance et générosité.

J’ai commencé avec un pressé de joues de bœuf braisées au vin rouge et foie de canard, salade croquante et asperges vertes, avant d’enchaîner, surprise de la main, avec une fricassée de ris de veau, jus acidulé aux pommes vertes, puis un Saint-Pierre de ligne de Guilvinec piqué au laurier, avec risotto crémeux à l’encre de seiche. Cici riait de me voir manger, d’autant que le plaisir était confirmé par quelques verres. Ma femme s’est contentée d’une sardine dont j’ai oublié de reprendre l’intitulé et de noix de Saint- Jacques cuites dans leur coquille avec un bouquet de légumes printaniers. C’était simplement délicat, avec un premier soleil d’avril qui remontait la rue Broca.

On a rendu les armes pour le dessert.

On devait encore repasser par le Comptoir. On ne savait ni ce qui nous attendait, ni quand on en sortirait, mais on savait surtout que l’aventure serait belle.

Paris et la bistronomie : les meilleures adresses

Le Comptoir du Relais. Après avoir remis La Régalade à Bruno Doucet – c’est resté une adresse de qualité –, Camdeborde a racheté un hôtel de charme à Odéon, puis ouvert le Comptoir du Relais Saint-Germain. Conçu côté cuisine avec la même philosophie que La Régalade, l’adresse fait bistrot le midi, restaurant gastronomique le soir. Situé dans un quartier avare de bonnes tables aux allures de village, il est devenu une des adresses les plus courues de la capitale. Les réservations pour la soirée réclament de se lever tôt. Si vous n’avez pas la patience ou si êtes de passage, passez-y dans l’après-midi, c’est le genre d’endroit où l’on se coupe en quatre pour trouver une solution. Cuisine 3 étoiles pour un menu à moins de 50 €. Carrefour de l’Odéon 9 (6e Métro Odéon). Tél. + 33 1 44 27 07 97. Ouvert tous les jours.

Le Café Constant propose un menu-carte à 24 €. Voir aussi Les Cocottes, au 135, élu meilleur comptoir de Paris 2007 par le Figaro. Rue Saint Dominique 139 (7e Métro Ecole Militaire). Tél. + 33 1 47 53 73 34. Menu le midi à 16 €.

L’Ourcine. Rue Broca 92 (13e Métro Les Gobelins). Tél + 33 1 47 07 13 65. Menus à 22 € le midi (plat et entrée ou dessert) et 30 € (entrée, plat et dessert).

L’Ami Jean. Rue Malar 27 (7e Métro Latour Maubourg). Tél. + 33 1 47 05 86 89. Menu à 32 € ; carte environ 35 €. 

La Cave de l’Os à Moelle. Rue de Lourmel 181 (15e Métro Lourmel). Tél. + 33 1 45 57 28 28.

Le Ribouldingue. Dirigé par Nadège, ancienne de La Régalade et du Comptoir, le restaurant est porté sur les abats. Rognons, terrines, tripes, tétines de vache, cervelle d’agneaux, groins et joues de bœuf qu’apprécient ceux qui savent de quoi on parle tandis que les plus frileux se rabattent sur des propositions à l’apparence plus délicates. Rue St-Julien-le-Pauvre 10 (5e Métro St Michel). Tél. + 33 1 46 33 98 80. Menu à 27 €.

Chez Michel. Un des meilleurs rapports qualité/prix de la capitale et un endroit réputé pour le gibier, en saison. Rue de Belzunce 10 (10e Métro Poissonnière). Tél. + 33 1 44 53 06 20.

Le Repaire de Cartouche. Poitrine de grouse en papillote de choux, œufs d’oie à la crème d’écrevisse et d’oseille, de la tête de porc croustillante, une friture de rougets et la bavette aux échalotes au menu. Boulevard Filles du Calvaire 8 (11e Métro Saint-Sébastien - Froissart / Filles du Calvaire). Formule à 13 €.

Cristal de sel. Cuisine de terroir par un ancien du Bristol. Rue Mademoiselle 13 (15e Métro Commerce). Tél. + 33 1 42 50 35 29. Le Grand Pan. Un hommage à Brassens. Rue Rosenwald 20 (15e Métro Convention). Tél. + 33 1 42 50 02 50. Le Troquet. Rue François Bonvin 21 (15e Métro Volontaires / Sèvres Lecourbe). Tél. + 33 1 45 66 89 00. Formules à 24 et 28 € le midi. L’Entredgeu. Rue Laugier 83 (17e Métro Porte de Champerret). Tél + 33 1 40 54 97 24. Menu 30 €. Les Papilles. Rue Gay-Lussac 30 (5e Métro Luxembourg). Fermé le dimanche. Menu en soirée à 31 €. Une des adresses du moment, avec un menu changeant proposé en fonction du marché. Le Baratin. Eue Jouye-Rouve 3 (20e Métro Pyrénées). Tél + 33 1 43 49 39 70. Menu à 15 €  le midi. Cuisine dirigée par Rachel, la meilleure cuisinière de Paris quand elle est dans un bon jour, assure Fooding®.

Déjeuner

La cuisine de terroir

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Yves Camdeborde du Comptoir du Relais

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Wouter Keersmaekers du De Schone van Boskoop
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L’un est français, l’autre belge. Yves Camdeborde et Wouter Keersmaekers pratiquent une cuisine de terroir « allégée ». Une cuisine décontractée, avec une âme et un auteur derrière les fourneaux. De l’humeur et du caractère !

Par Claude De Vos – photos Cici Olsson

Ça c’est pour le point commun. Car au-delà de leur amour pour la cuisine de leur enfance, ancrée dans leur terroir, ils ont un parcours et des points de vue très différents. Le Béarnais a envoyé valser la « course aux étoiles » tandis que l’Anversois fait briller son étoile Michelin depuis 1994 dans son restaurant De Schone van Boskoop à Boechout. Il y est né, y a grandi et dit-il, dans un large sourire, « j’y mourrai probablement ». Focus sur Wouter Keersmaekers, le défenseur du terroir et des légumes oubliés

Wouter Keersmaekers a les deux pieds bien ancrés dans son terroir anversois. Né à Boechout, issu d’une lignée de paysans et de jardiniers, Wouter a toujours fait la cuisine lors de mariages ou d’événements. Après avoir fait ses armes chez les autres, normal que l’envie d’être aux commandes le titille. En mai 1993, il ouvre De Schone van Boskoop et 8 mois plus tard, la 1re étoile du guide Michelin vient couronner son travail.

« Mais, c’était trop de stress. J’ai eu des problèmes cardiaques par la suite. J’avais seulement un cuisinier, ma femme et un garçon en salle. J’ai alors décidé de fermer deux jours par semaine et de prendre du personnel en plus. C’est un petit restaurant de 30 couverts. Il vaut mieux être en tête de course dans la catégorie « une étoile » que derrière dans celle des « deux étoiles ». En Belgique, ce n’est pas simple de figurer parmi les meilleurs et de pratiquer des prix abordables. Travailler avec de bons produits coûte de l’argent, la marge bénéficiaire n’est pas large. Rien à voir avec la France ou les Pays-Bas. Une TVA de 21 %, c’est lourd ! On fait ce métier par passion et pas pour gagner de l’argent. »

Vous pratiquez une cuisine de terroir…

Oui, je le revendique complètement. Je cuisine toujours certaines recettes de ma mère, Maria Crollet ; j’aime travailler les légumes et les fruits oubliés, proposer une excellente bière avec mon plateau de fromages plutôt que du vin, la travailler également dans les recettes. Mon assiette reflète mes origines. Tous les produits belges ont leur place chez moi qu’ils soient flamands, wallons ou bruxellois même si je les choisis surtout auprès de producteurs locaux. Mon père était un vrai gastronome. Quand j’avais dix ans, il emmenait toute la famille faire les bonnes tables un peu partout en Europe : j’ai eu de belles émotions chez Bocuse et Troisgros. Cuisiner, c’est vraiment dans mes gênes. J’ai d’ailleurs écrit un livre, il y a 4 ans, Uit de grond (The house of books), pour que l’on n’oublie pas notre terroir.

Quels sont les légumes oubliés que vous remettez au goût du jour ?

Les choux d’été, ce sont les premiers choux que l’on trouve du côté de Malines dès le mois de mai. C’est typique de la région. Les poireaux d’été également que je cuisine en mai. Les jets de houblon, les coings, les betteraves… J’aime travailler les produits de saison qu’on ne trouve parfois pas ailleurs que dans la région. En Belgique , il y a beaucoup de produits de qualité. On a aussi l’une des meilleures cuisines du monde. On a d’excellents légumes, de délicieux fromages. Pourquoi aller chercher ses tomates en Italie ? Mes escargots viennent d’un fournisseur liégeois. Je respecte les saisons et les produits de chez nous. Mon fournisseur de poisson est en Zélande, à 60 km d’ici, j’y trouve de tout. Par exemple, maintenant, c’est la saison du homard sauvage qui dure d’avril à juin. Je propose une petite carte avec à côté 8-9 suggestions de saison. Je ne suis pas un extrémiste non plus, je peux cuisiner des produits qui ne viennent pas de chez nous. Je me sens proche d’un Michel Bras, d’un Marc Veyrat qui regardent d’abord ce qu’ils ont devant leur porte.

Vous portez une affection particulière à la bière…

Je propose toujours une bière à l’apéritif. Le nec plus ultra pour commencer un repas, c’est pour moi, de la bière et du fromage. Notamment la fameuse blonde De Koninck anversoise. Le célèbre « Bolleke » !  En cuisine, vous trouverez toutes les trappistes : Hoegarden, Duvel. J’aime beaucoup la gueuze de Drie Fontein. Je fais des desserts avec de la Kriek et des betteraves rouges.

Votre cuisine, c’est celle de « grand-mère version luxe » ?

Plutôt celle de ma mère. Il y a d’ailleurs un bouquin en flamand là-dessus. Ma mère y a publié trois de ces recettes. Toute l’influence familiale, je l’ai transformée dans ma cuisine. Par exemple, des légumes aussi simples que les petits pois et carottes, je les inclus dans une recette pour accommoder le pigeon ou bien des ris de veau avec des céleris sauce tomate ou encore le stoemp saucisse à la truffe. A la carte, il y a aussi toujours de la tête de veau parce que j’adore ça. Ma petite enfance, je la mets sur la table.

La cuisine de terroir peut être « light » ?

Elle doit être légère. C’est très important. Je n’utilise quasiment pas de beurre et de crème. Je travaille avec des ingrédients naturels comme la Xantana qui allègent les plats. La gastronomie ne doit pas être synonyme de cuisine « lourde ».

Qu’est-ce qui vous plait dans le concept Fooding® ?

Je suis tout d’abord adepte du « slow-food », le contraire du fast food. Il faut du temps pour fabriquer ses produits et on prend son temps pour les savourer. On mange selon l’humeur, une cuisine de qualité. C’est l’occasion de rencontrer d’autres chefs surtout du côté bruxellois et wallon. Je ne les connais pas ou très peu. C’est important de s’ouvrir. Je retrouve cet esprit dans Fooding® et c’est la raison pour laquelle j’ai accepté de participer à l’événement.

On dit de vous que vous êtes le Yves Mattagne du nord ?

C’est parce que je présente aussi une émission qui s’appelle Duizend seconden (« 1000 secondes ») sur la chaîne Vitaya. J’ai accepté parce que je trouvais ça intéressant et sympathique de montrer la cuisine de notre terroir au grand public. Je reste Wouter…

Restaurant De Schone van Boskoop, Appelkant 10, 2530 Boechout, tél. 03 454 19 31. Fermé le dimanche et lundi. Ouvert du lundi au samedi de 12 à 15h et 19 à 22h.

Tomate farcie d’effiloché d’aile de raie

Recette d’Yves Camdeborde, Hôtel Le Relais Saint-Germain et son restaurant Le Comptoir, Paris

Temps de préparation : 30 minutes

Temps de cuisson : 10 minutes

Pour 4 personnes 

4 grosses tomates

500 g d’ailes de raie

2 cuillerées à soupe de ciboulette ciselée

2 cuillerées à soupe d’échalote ciselée

10 cl d’huile d’olive

3 cuillerées à soupe de vinaigre blanc

4 cl de vinaigre de vin

1 brindille de thym

1 feuille de laurier

Sel, poivre

Préparation

Rincer à l’eau courante les morceaux d’aile de raie. Les recouvrir d’eau dans une casserole, assaisonner de bon goût.

Ajouter laurier, le thym et le vinaigre blanc. Porter à ébullition et laisser cuire ainsi 3 minutes. Sortir du feu et laisser refroidir la raie dans la casserole.

Dans les tomates, côté pédoncule, couper un chapeau d’1 cm d’épaisseur. Evider les tomates en prenant soin de ne pas les percer. Assaisonner de sel et poivre. Réserver.

Egoutter la raie, l’effilocher, retirer toutes les arrêtes. Mettre la chair dans un saladier, ajouter la ciboulette, l’échalote, l’huile d’olive et le vinaigre. Assaisonner et mélanger délicatement. Farcir les tomates avec cet effiloché de raie, puis les recouvrir de leur chapeau.

Dans un plat à gratin, arroser les tomates légèrement d’1 cuillérée à soupe d’huile d’olive et passer au four chaud 180° (thermostat 6) pendant 10 minutes.

Servir ainsi.

Jeunes carottes marinées à l’huile d’argane avec poêlée de coquilles Saint-Jacques au foie confit, coulis de petits pois

Recette de Wouters Keersmaekers, De Schone van Boskoop, Boechout

Temps de préparation : 15 à 20 minutes

Temps de cuisson : 2 minutes (coquilles Saint-Jacques) dans la poêle, ensuite 5 à 6 minutes (poêle dans le four à 180°)

Pour quatre personnes 

8 jeunes carottes

1 dl l’huile d’argane

1 jus de citron vert

poivre et sel

4 tranches foie

8 noix de Saint-Jacques

1/2 dl jus de petits pois

1dl d’huile d’olive

1dl de vinaigre de cabernet sauvignon

1dl mirin

jus de soya

1 petite cuillère de Xantana (poudre gélifiante)

 

Préparation

Râper très finement les carottes et laisser mariner avec l’huile d’argane, le jus de citron vert, du poivre et du sel

Pour le coulis de petits pois : mélanger le jus de petits pois avec le vinaigre et l’huile d’olive, mirin, jus de soya et monter le tout avec Xantana.

Poêler les noix de Saint-Jacques, dresser sur les carottes marinées, couvrir avec le foie confit, servir avec le coulis. Mettre la poêle 5 à 6 minutes dans un four à 108°.

 

Le déjeuner Fooding®

Dimanche 18 mai de 12 à 15h, Place Saint-Boniface, 1050 Bruxelles

Par Yves Camdeborde (Comptoir du Relais à Paris) au Comptoir :

Gaufre de pomme ratte

Artichaut et jambon de bœuf

Surprise du Béarn

En accord avec le vin Côtes du Roussillon Villages Latour de France rouge 2006 Occultum Lapidem, M. Chapoutier

Par Pascal Devalkeneer (Chalet de la Forêt à Bruxelles) chez Mano a Mano :

Croustillant de sardine au chèvre frais, pesto de menthe et coriandre

Copeaux de foie gras fumé, mousseline de pomme de terre et datte au verjus, tartare de betterave rouge

En accord avec la bière Vedett Extra Blond

Par Wouter Keersmaekers (Schone van Boskoop à Boechout) au Deuxième Elément :

Anguille l’Escoute orientale avec mousseline de carotte à l’huile d’argan, coulis de petits pois et foie confit

Saucisse de veau truffé avec chou d’été

En accord avec la bière Duvel

Eaux S.Pellegrino et Acqua Panna

Goûter

Sweet Fooding

 

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Line Couvreur (chef et bloggeuse chez Toquetoc.be
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Sophie Tordoir, chef pâtissier à l'hôtel Roayl Windsor
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Pierre Marcolini, chocolatier

Trois chefs – Pierre Marcolini, Sophie Tordoir (Chef pâtissier à l’hôtel Royal Windsor) et Line Couvreur (chef et bloggeuse de Toquetoc.be) – entrent en jeu dimanche et s’amusent avec des crèmes glacées Haagen-Dazs à la Food & Wine Academy. En avant-première de cet événement ludique en trio, ces trois fortes personnalités du bien manger nous livrent, chacune, une de leurs recettes fétiches de goûter.

Françoise raes – photos Steven Ledoux

Soupe de Gariguettes et de Cœur de bœuf de Line couvreur

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Ingrédient (4 personnes)

400 g de fraises Gariguettes

2 bonnes tomates Cœur de bœuf

75 g de sucre de canne

30 cl d’eau

1 pouce de gingembre

1 jus de citron vert + 1 càc de zeste

feuilles de menthe

1 càs de sucre de canne

Réserver une fraise et une tranche de tomate par personnes pour la décoration.

Equeuter les fraises, les couper en deux. Couper une des tomates en quatre et vider l’intérieur. Mettre les fraises et la tomate dans une passoire.

Faire bouillir à feu doux, 30cl d’eau avec le sucre de canne pendant 20’ (si l’eau s’évapore trop, en ajouter un petit peu) pour faire le sirop. Ensuite, y ajouter le gingembre et le zeste de citron vert. Verser le sirop chaud sur la passoire de fraises et de tomates et le récupérer dans un bol.

Faire refroidir le sirop et ensuite le mixer avec le mélange de fraises et de tomates. Ajouter le 1/2 jus de citron, goûter et rectifier si besoin avec un supplément de jus de citron. Réserver au frais pendant au moins deux heures.

Pour la garniture des bols de présentation : mixer le sucre de canne et la menthe et placer dans une grande assiette. Humidifier les bords des bols avec du citron et tremper dans le mélange sucré puis y servir la soupe fraîche.

L’éclair au Spéculoos de Pierre Marcolini

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Ingrédients (4 personnes)

Pour la pâte à chou 

Pour la pâte à chou 

180 ml d’eau

180 ml de lait entier

110 g de beurre

3 g de fleur sel fin

140 g de farine

225 g d’œufs environ

 Pour la crème Spéculoos

 

360 ml de crème fraîch

La beauté par nature avec Stéphanie Crayencour

L’invitée de La Libre Essentielle paru le 26 avril, Stéphanie Crayencour

Retrouvez le numéro sur le site www.lalibreessentielle.be 

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Belle et bien belge!

L’édito de Bruno Coppens

Ce n’est plus une coïncidence.

De Marie Gillain à Cécile de France, d’Emilie Dequenne à Yolande Moreau en passant par Natacha Régnier, les actrices parmi les plus appréciées du cinéma français d’aujourd’hui sont toutes belges !

Ajoutez-y dorénavant Stéphanie Crayencour.

Sa carrière commence comme un conte de fée. Mieux même : un conte d’Eric Rohmer. Ce dernier, à la recherche de nouveaux visages pour son film, croise Stéphanie dans une école de chant à Paris où elle est montée à l’âge de 19 ans. La tête sur les épaules, la jeune actrice veut prendre des cours de théâtre avant d’affronter les plateaux de cinéma. « Surtout pas ! », lui lancera Rohmer qui veut capter cette spontanéité des premiers pas devant la caméra. Stéphanie resplendit aujourd’hui dans Les Amours d’Astrée et de Céladon projeté récemment au Festival du film français au Japon. Depuis, Stéphanie, 24 ans, multiplie les projets tout en continuant sa formation théâtrale. Rôles dans des courts métrages, création d’un album de chansons françaises, nombreux casting, sa vie professionnelle a belle allure !

Belle et belge…

Avec Stéphanie, la rime est naturelle.

Et tout naturellement, ce numéro Libre Essentielle est de la beauté l’écrin.

La beauté sous toutes les boutures.

D’un tour d’horizon des huiles essentielles aux bienfaits de la luminothérapie, des recettes de cuisine énergétique à la visite de bergeries en Corse…

Intérieure, extérieure, voici la beauté dans toute l’essence du terme.

Bel appétit!

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Forte nature

A 20 ans, Stéphanie Crayencour a été la belle Astrée dont Rohmer a filmé les amours avec Céladon. Un premier rôle dès son premier film. Aujourd’hui, difficile de croire que derrière cette jeune fille saine, bien dans sa peau et qui n’a pas sa langue en poche, se cachait une adolescente angoissée, bourré de tics et de tocs.

Claude De Vos – photo Kurt Stallaert

 Un premier rôle dès ton premier film et puis… plus rien : ce n’était pas un cadeau empoisonné ?

Ce n’est pas « plus rien ». J’ai une vie très remplie entre mes cours, les photos que je continue de faire et la course aux castings. J’ai joué dans quelques courts métrages mais depuis, rien de « visible ». Si ce n’est la sortie prochaine de mon album car la musique est ma première passion. Un cadeau empoisonné ? Non je dois beaucoup à Rohmer même si j’ai été la première surprise de son choix. Je n’avais aucune expérience et réciter des vers en vieux français était loin d’être évident. Cela faisait 30 ans qu’Eric Rohmer rêvait d’adapter au cinéma le roman d’Honoré d’Urfé. Et puis, il l’a dit, ce sera son dernier film.

C’est une expérience qui t’a laissée un bon souvenir ?

La rencontre avec Rohmer, oui… Le film, c’est autre chose. C’est difficile de se voir à l’écran. En plus, avec Rohmer, tu n’es pas maquillée et il m’avait fait prendre du poids. J’ai eu l’impression de me voir au saut du lit. Eric m’avait aussi interdit de prendre des cours de théâtre avant le tournage. Il me voulait « naturelle ». En fait, il a vu mes photos, m’a fait venir dans son bureau et nous avons parlé, autour d’une tasse de thé, de ma vie, de mes passions, de mes envies. Les castings ne se passent plus comme ça aujourd’hui ! Il aimait mon « profil grec ». Je ne sais pas comment je dois le prendre (rire). Et puis, il admire beaucoup Marguerite Yourcenar et il a découvert mon lien de parenté avec elle. C’est lui qui m’a dit de laisser tomber Rittweger, mon nom de famille, pour Crayencour, celui de ma mère. Avec le recul, je me dis que c’était de la folie de faire un premier rôle féminin dans un film en vieux français. Surtout qu’Eric ne prend qu’une ou deux prises maximum. Dès la sortie du film, je me suis inscrite aux cours de théâtre d’Eva Saint-Paul à Paris même si sur le plateau, tout s’est passé dans la confiance la plus totale.

Pourtant des angoisses, tu en avais déjà eues…

Oui, j’ai quitté Bruxelles à 20 ans, angoissée, bourrée de tics et de tocs. J’allais très mal : soit je partais et je faisais confiance à la vie, soit je sombrais. Mon arrivée à Paris a été difficile. J’avais peur de la mort à un tel point que je la voyais partout. Mes angoisses m’empêchaient parfois d’aller au cours. Je vivais dans trop de tabous, de secrets, de difficultés et de souffrances. Tout ça va m’être très utile pour mes rôles futurs, j’en suis sûre. J’avais un mal-être à Bruxelles même si maintenant je m’y sens bien. J’ai d’ailleurs besoin d’y revenir chaque mois, de voir « mes » étangs Mellaert, de marcher et de lâcher toutes mes tensions. J’ai fait un gros travail sur moi-même, aidée par des gens qui s’intéressent aux autres : des chamans, des gens qui méditent, font du yoga…

Tu es très branchée bio, bien-être, proche de la nature…

Oui, à fond ! Je mange des graines, je me soigne grâce à l’homéopathie, je fais de la méditation, je nage et je dors beaucoup. Le sport est un excellent anti-dépresseur. Je suis très zen. Mais je suis loin d’être une ascète. Ma mère – qui a lancé Tetra à Bruxelles – médite beaucoup. J’ai un frère qui vit dans la forêt au Canada. J’avais des prédispositions…

Alors, tu te sens en décalage dans ce milieu de strass et paillettes…

Je vais de moins en moins aux soirées. Cela ne sert à rien, ce n’est pas comme ça que tu décroches un rôle. Il n’y a que le travail qui paie. Je vois des acteurs que j’apprécie transformés et rongés par la drogue. Et j’ai vu un producteur il y a peu de temps qui m’a dit que si je couchais avec lui, je gagnerais 6 mois ! Je n’ai pas peur de le dire : si c’est ça le métier, se prostituer et se droguer pour avoir un rôle, moi, j’ai autre chose à faire ! Je prends mon temps, j’observe. Je veux faire de belles choses. Je suis en train de récolter quantité d’informations sur mon arrière-grand-tante. Je veux réaliser un film sur elle, Marguerite Yourcenar : je ne comprends pas qu’on n’y ait pas encore pensé. Elle aussi, à 19 ans, a tout quitté, elle a habité Paris puis est partie au Canada. La famille l’a rejetée à cause de son homosexualité jusqu’à ce qu’elle rentre à l’Académie française. Cette femme me fascine.

Tu n’es pas tendre avec le métier…

Le milieu du cinéma n’est pas facile. C’est dur et injuste. Tu dépends beaucoup des autres. Il n’y a pas de règles, pas de lois. On est nombreux à galérer après un premier film. Le cinéma français n’ose plus prendre de risques. Moi, le cinéma qui me fait rêver, c’est celui de Jarmusch ou un film comme Into the wild de Sean Penn. Depuis mon enfance, je sais que je peux associer l’art et ma passion pour la nature. J’ai fait des études de photo, de dessin, de peinture, de musique à Paris. Ce n’est sûrement pas un hasard.

Le petit-déjeuner bien-être de Stéphanie Voici la recette de la crème Budwig du Dr Kousmine que Stéphanie prend tous les matins. « Parce que le minimum est d’arriver aux castings avec une bonne mine, une belle peau, bien dans son corps et dans sa tête. » Ecraser une banane. Ajouter des graines de lin et de sarrasin (ou autres) broyées, un jus de citron, de l’huile de lin (ou germe de blé, ou noisette). On peut aussi ajouter des fruits de saison : kiwis, fraises, framboises… ou du pollen. La recette initiale comporte du yaourt ou du fromage blanc.

Dossier
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Dominique Thommen, à l’origine de la création de TETRA et son épouse et associée, Claire de Crayencour

Plus avant, au cœur de soi-même

L’être humain est une entité capable de sensation, de sentiment, de raison et d’ouverture intuitive. Autour de cette idée de base, praticiens et penseurs, venus d’horizons aussi divers que la philosophie, la chirurgie, le chamanisme, la danse, la musique ou l’astrologie, viennent donner, au sein de l’asbl TETRA, des ateliers ou des conférences pour ouvrir tout un chacun à sa propre évolution personnelle.

René Sépul – photos Cici Olsson

  Reconnaissons-le, l’aventure de ce dossier a commencé avec un brin de méfiance. Le sujet commandé s’intitulait « la beauté intérieure », à approcher via quelques intervenants de l’association TETRA (Transdisciplinar European Training & Research in Antropology), structure de recherche consacrée à l’étude de l’être. D’où venaient mes craintes ? Du phénomène new age que j’associais un peu vite à la démarche de l’association et d’un voyage fait il y a quelques années dans le monde du coaching bruxellois, bien souvent composé d’anciens hommes ou femmes d’affaires touchés par la grâce d’aider leur prochain. L’aventure m’avait laissé un brin perplexe quant aux conseils, aux illusions, voire à l’état dans lequel ceux-là pouvaient abandonner leur clientèle.

TETRA s’est révélé une autre histoire. La découverte des noms des conférenciers attachés à la programmation annuelle de l’association est tout d’abord rassurante. J’y relevais la présence de personnes familières comme Jean-Paul Dessy, compositeur, ou de l’écrivain Thierry Janssen, mais aussi de personnalités comme les philosophes Ervin Laszlo, Michel Cazenave ou André Comte-Sponville. Les noms m’étaient davantage connus que l’œuvre ou la pensée, mais quelques recherches ont suffi à m’assurer que ces personnalités ne pouvaient s’engager dans une association de ce type sans un minimum de garanties sur le sérieux et l’honnêteté de celle-ci.

 « Il y a une douzaine d’années, j’ai cessé mes activités au sein de la société de communication et d’organisation d’événements que j’avais fondée », explique Dominique Thommen, à l’origine de l’association. « J’ai connu une crise existentielle, et je suis parti sur les chemins de Compostelle. A mon retour, j’ai pris le temps de réfléchir à ce que je voulais faire de ma vie. Je connaissais le travail de Jean-Yves Leloup, philosophe et théologien. Intéressé par sa démarche spirituelle, j’avais lu plusieurs de ses livres et l’avais accompagné en voyages en Turquie et en Israël. Jean-Yves m’a suggéré de développer un espace consacré à l’anthropologie fondamentale. »

Un lieu de recherche

De manière très schématique, on peut préciser que l’anthropologie fondamentale s’intéresse aux relations entre l’homme et le monde naturel dont il est issu. Développée depuis les années 70, cette discipline évoque l’idée que pour assurer son avenir et celui de la planète, l’être a besoin de mieux associer ses besoins matériels et spirituels, sans les opposer l’un à l’autre. La synthèse n’est effective que si l’homme apprend à mieux utiliser son intelligence, son esprit, sa pensée, mais aussi son imaginaire dans ses rapports à l’autre, à la nature et à la vie.

« TETRA s’est concrétisé doucement », reprend Dominique Thommen. « Je pouvais à l’époque davantage parler de ce que je ne voulais pas faire plutôt que de définir avec précision ce que je voulais réaliser. D’ailleurs, un projet comme celui-ci ne se résume ni à quelques mots, ni à quelques concepts. J’avais conscience, et j’ai toujours conscience, que l’Humanité doit évoluer. Pour cela, il est essentiel de permettre à chacun de devenir acteur de ce changement. Nous prônons l’évolution individuelle. Nous proposons quelques outils pour permettre cette évolution. TETRA est ainsi avant tout un lieu de recherche et non un lieu de vérité. Ce n’est même pas un lieu d’enseignements. Des conférenciers viennent avec leurs enseignements, leurs témoignages, mais les présentent de manière à ce que chacun ait la liberté de les passer au crible de l’expérience. »

L’être comme champ d’investigation

Chaque cours est autonome ; aucun ne requiert de pré requis. « Le champ d’investigation de TETRA est l’être humain, considéré comme une entité capable de sensation, de sentiment, de raison et d’intuition », ajoute Claire de Crayencour – maman de Stéphanie –, associée à son mari dans l’association. « Si l’un de ces fondements manque ou n’est que peu développé, l’équilibre est rompu. Nos ateliers aident au rééquilibre. Une partie de notre public a été déstabilisé par un événement important, parfois dramatique. Ces personnes sont alors en quête de ressourcement, de mise au point, de piste ou d’ouverture. D’autres sont dans un cheminement d’ordre plus spirituel. D’autres traversent une crise existentielle un peu à l’image de ce qu’a vécu Dominique. Il y a aussi des gens qui ont simplement envie de découvrir certaines techniques pour mieux se connaître et vivre de manière plus équilibrée et harmonieuse. Le public est diversifié. »

Le programme conjugue étude, recherche, expérimentation et pratique régulière. L’étude a pour objectif de donner ou rappeler les bases indispensables à toute investigation de l’être et de la conscience. Les aspects pratiques visent à ouvrir les horizons et à ancrer dans le quotidien le fruit des études, recherches et expériences. TETRA organise également un cycle de conférences et des sessions résidentielles où un thème est exploré pendant quelques jours. « Entre toutes ces propositions, nous encourageons la transdisciplinarité », reprend Claire de Crayencour. « Nous invitons les intervenants à créer des ponts entre les divers savoirs et expériences que nous proposons. »

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Thierry Janssen , docteur en médecine, chirurgien, psychothérapeute et écrivain

Ecrivain, Thierry Janssen fait aujourd’hui partie de conférenciers reconnus de l’association. « J’ai rencontré Dominique Thommen en 2000, à une époque charnière de ma vie », se souvient celui-ci. « J’avais quitté mon métier de chirurgien urologue quelques mois plus tôt et vécu une expérience dans le monde de la mode à Paris. Je travaillais comme thérapeute, mais j’avais surtout envie d’écrire. Dominique m’a parlé de son parcours ; j’ai évoqué le mien qui l’a intéressé. Il m’a proposé de venir donner une conférence chez TETRA, mais je ne me sentais pas prêt. Par contre, j’ai promis d’appeler si j’arrivais au bout de mon travail d’écriture. »

Témoigner d’un cheminement

Publié en 2001, Le Travail d’une vie, premier livre du thérapeute, fut suivi par une première conférence : « Je tenais à respecter une promesse faite à Dominique Thommen qui, plusieurs années auparavant m’avait assuré qu’il fallait que je prononce des conférences », reprend celui-ci. « Mais j’avais aussi été convaincu par la rigueur de l’association dans un secteur où les dérapages sont nombreux. Il y a la réputation d’autres intervenants, un autre gage de crédibilité. Des gens comme Cazenave, Leloup ou Marie de Hennezel sont des personnalités ouvertes, riches, jamais enfermées dans un dogme quel qu’il soit. Mon exigence première est celle du respect de la liberté de l’individu. Chez TETRA, on n’impose rien, on ne défend aucun système de croyances, on ne propose pas des solutions toutes faites, mais on invite des gens à témoigner d’un parcours, d’idées ou d’attitudes de vie acquises au long d’un cheminement. C’est au public à tirer les conclusions des enseignements que j’avance. Je me situe à l’opposé de ces conférenciers qui vous annoncent : Dîtes-moi où vous avez mal, je vous dirais qui vous êtes… »

Inspiré par la tradition taoïste et l’expérience de la médecine énergétique, le premier atelier animé par Thierry Janssens proposait d’apprivoiser les forces opposées qui nous animent. La démarche s’inscrivait dans le propos de son premier livre. « Il s’agissait d’essayer de devenir son propre observateur et se donner les moyens d’ôter le masque qui empêche ce regard sur soi. L’approche était dynamique afin de permettre le développement de notre sensibilité physique, émotionnelle et intellectuelle. Il s’agissait d’apprendre à se voir, sans juger, et comprendre que derrière nos peurs et nos défenses, il y a aussi de l’amour. »

Un atelier sur la colère

L’atelier La Colère, rage de vivre explorait ce que peut cacher une émotion aussi fondamentale que la colère, informant que quelque chose d’essentiel manque à notre équilibre. « Depuis l’enfance nous croyons qu’il nous est interdit d’exprimer cette rage de vivre. Nous refoulons cette émotion quitte à nous nier et à nous réfugier dans la négativité ou la dépression. Si, par contre, nous l’exprimons, nous n’osons pas souvent l’assumer. Nous préférons accuser les autres d’en être la cause et développer de l’agressivité à leur égard. L’objectif de ce travail était de comprendre comment cette énergie de vie peut être utilisée pour affirmer qui nous sommes », conclut Thierry Janssen s précisant qu’un atelier est un lieu de rencontres et d’expériences où le responsable apprend autant qu’il partage ses connaissances. C’est ainsi que son atelier La maladie a-t-elle un sens ? proposé de nombreuses fois chez TETRA, lui a permis d’enrichir sa réflexion d’auteur, un livre éponyme étant prêt à paraître pour l’automne 2008.

Une majorité d’ateliers témoignent de sujets universels. Marie de Hennezel a proposé un stage Accepter de vieillir tandis que Maurice Clermont invitait à une réflexion sur la mort. Une part importante est accordée à une meilleure symbiose avec la nature, notamment chez Craig Holdrege (Vivre dans la compréhension de la nature) ou chez Nicole Poncelet, avec Esprits de la nature.

Dominique Thommen apprécie également les projets touchant aux interactions entre sciences et spiritualité, notamment via la démarche de Michel Cazenave, avec deux sessions sur la Réalité de la physique quantique ou celle de Marc Halévy, ingénieur nucléaire, ancien élève de Prygogine, dont un livre récent, Science et sens, qu’est-ce que la matière ? Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que l’esprit ? (Editions Marane, collection Idèes pour demain)[1]fut écrit sur base d’un cycle de conférences donné chez TETRA.

Le rythme qui bat en chacun de nous

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Arnould Massart, pianiste, compositeur et fondateur des Ateliers du Rythme

Arnould Massart, pianiste et compositeur, propose avec Monique Tiberghien, plusieurs stages sur les liens entre sonorité, rythme et énergie. « J’ai eu l’occasion de faire il y a quelques années un stage mêlant musique et développement personnel », précise le musicien. « Ce fut une expérience bouleversante. Alors que je travaillais la musique depuis vingt ans, j’ai découvert des univers sonores nouveaux et des effets associés à la musique et aux sons que je n’imaginais pas. J’ai ensuite suivi plusieurs formations sur le travail des sons, sur ce que le corps peut raconter par le rythme ou les vertus thérapeutiques de ces pratiques que j’essaie de partager. »

Le musicien a fondé les Ateliers du Rythme dont l’objectif premier est de faire redécouvrir à chacun le rythme qui bat, vibre, palpite en lui. « Nous avons tous un rythme propre qui articule nos gestes, gère notre équilibre, déclenche nos émotions ou organise notre pensée. Les exigences du quotidien nous détournent de ce rythme pour nous mettre au diapason de rythmes extérieurs comme celui du travail, de l’information, de nos désirs ou de nos responsabilités. Mes activités visent à aider chacun à retrouver ce rythme personnel, à apprendre à le réécouter et le respecter. »

L’atelier Cultiver l’énergie vitale encourage l’exploration par des mantras, des chants sacrés et des rythmes de différentes traditions, de l’énergie qui circule en nous. Il est ouvert à tous. « Après quelques échauffements de voix, nous proposons aux gens de faire simplement des sons. Nous répétons des mantras issus de différentes traditions - bouddhique, zen, hindouiste, judaïque et autres, que les gens entonnent et reprennent. La répétition d’un mantra, séquence vibratoire sans signification spéciale, crée une énergie qui permet de découvrir et d’exploiter un potentiel méconnu. Ce travail évacue le stress, aide à la concentration comme à la remise en forme physique. C’est également une rencontre avec soi-même car la démarche encourage l’exploration des zones souvent méconnues, débloquant des émotions et libérant un potentiel de vie et de créativité. En fait, cela a l’air complexe à comprendre, mais c’est une expérience simple à vivre. »

Laisser la poésie envahir le corps

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Laurence Chevallier, danseuse

Formée à la danse contemporaine, Laurence Chevallier a réinterrogé sa relation au corps après une blessure encourue il y a quelques années. Artiste associée au Centre Dramatique de Wallonie pour l’Enfance et la Jeunesse pour le développement du réseau Danse à l’école, elle propose chez TETRA un atelier Danse du Tao et Espace-Temps où la question du sens du mouvement est abordée. « La danse contemporaine que j’ai pratiquée privilégie un rapport surtout axé vers le sol, assez dur, fait de nombreux chocs. Une blessure m’a poussée à m’interroger sur le travail du corps et à rechercher d’autres pratiques. Que devenait la place du corps dans la danse que j’aime ? Quel respect pouvais-je lui accorder ? Quelle relation avais-je envie d’encourager avec la création ? J’ai opéré un retour aux sources, j’ai découvert le tai-chi dansé dont l’approche au corps est plus douce, davantage orientée sur l’élévation. J’ai alors tout réappris. »

Cette découverte n’a pas renié les acquis et fondements qu’avait la danseuse, mais elle lui a permis d’élargir ses horizons. « Le Tao joue sur une relation intéressante entre la détente et la vigilance », reprend la danseuse. « Le travail en atelier réclame une certaine audace. Il faut oser s’éveiller, parier sur la fraîcheur, mais il faut aussi rester conscient et critique. Le discernement est important. Jusqu’où le corps peut-il m’emporter ? Nous commençons par fluidifier les mouvements et par déstresser le corps. Petit à petit, en travaillant l’espace et le temps, nous laissons la poésie et l’autonomie envahir le corps. »

Certains sujets d’ateliers laissent néanmoins un rien songeur. Je pense à celui de Pierre Pradervand, L’argent, une énergie d’amour, atelier ludique pour arriver à une gestion ludique et joyeuse de ses deniers, ou La voie de l’escargot, de Gilles Wurts, où le travail sur soi se fait avec la coquille de l’escargot, où le symbolisme de la spirale est interprété comme une histoire qui se répète, comme un voyage vers le centre de l’être. La Guérison miraculeuse laisse également sceptique. Cette conférence-témoignage est proposée par Niro Markoff, thérapeute spirituelle belge installée aux USA, diagnostiquée séropositive dans les années 80, guérie par la suite par un cheminement que la métaphysique comprend, mais que le corps médical ne peut expliquer.

Une autre idée de l’astrologie

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 Christine Gonze, thérapeute qui allie la mythologie, la psychologie jungienne, la philosophie et le symbolisme astral

Cela dit, pourquoi pas ? Je dois reconnaître que, méfiant à mon arrivée, je suis sorti intéressé par les propos de Christine Gonze, astrologue humaniste et thérapeute, en charge d’un atelier intitulé La Dimension sacrée de l’Astrologie. Alliant mythologie, psychologie jungienne et philosophie, celle-ci utilise depuis vingt ans le symbolisme astral dans sa pratique thérapeutique. Chez elle, ni boule de cristal, ni tirage de cartes, ni prédiction. « L’astrologie amène à la connaissance de soi, et peut également ranimer une dimension spirituelle et une réflexion philosophique sur le sens de la vie. Malheureusement l’astrologie est plus souvent synonyme de prédiction hasardeuse, de voyance ou d’amusement médiatique que d’expérience analytique sérieuse. Il s’agit d’un langage tellement ancien et tellement « magique », qu’il est normal de l’avoir mis à toutes les sauces ! », sourit Christine Gonze. « Depuis l’époque mésopotamienne l’astrologie occidentale n’a jamais disparu. Elle a continué d’évoluer tant bien que mal, reflétant le contexte socioculturel où elle est pratiquée. Le XXe siècle a été déterminant pour le changement de cap de l’astrologie grâce aux découvertes en psychologie des profondeurs – je pense surtout à Jung et à ses émules – mais aussi grâce aux avancées faites en anthropologie, en linguistique, et dans le vaste domaine des sciences cognitives qui découvrent comment les signes, les symboles et autres métaphores, permettent à l’homme de faire sens. » 

Au niveau de la thérapie individuelle, le thème astral sert d’outil efficace et relativement rapide pour entreprendre un travail sur soi. Il permet de prendre un certain recul en regardant la réalité sous un nouvel angle – un angle mytho-poétique –qui stimule notre imagination et notre conscientisation et peut favoriser une évolution vers un mieux vivre. 

Dans son cabinet, l’astrologue réalise un thème natal composé en fonction des données de naissance de la personne : lieu, jour et heure. « On part souvent d’une date de naissance, mais ce n’est pas obligatoire. Ce peut être une date de mariage ou une date importante en affaires. Ensuite, je calcule et compose le thème que nous analysons, le consultant et moi, dans un dialogue où nous comparons l’expérience vécue au symbolisme astrologique. Par exemple, nous commençons par apprécier l’équilibre – ou le déséquilibre – des quatre éléments – Eau, Terre, Air et Feu – et leur expression à un niveau physique, matériel et psychologique. Correspondant aux quatre fonctions jungiennes, ces quatre éléments sont fondamentaux pour la santé du corps, de l’esprit et de l’âme. L’astrologie aide au centrage. Nous tissons des liens entre l’expérience vécue, le thème astral et les rêves pour tenter de lever un coin du voile qui cache des trésors enfouis. Nous essayons de donner du sens. La vision que j’apporte n’est pas, je me permets d’insister, de la voyance. La relation se vit au présent, et le sujet reste maître de son histoire. »

Chamanisme, un sujet faisant débat

Connaissant un profond engouement depuis quelques années, le chamanisme fait également partie des sujets qui font débat. D’origine sibérienne, la discipline évoque un ensemble de techniques et d’expériences plurimillénaires que l’on retrouve dans diverses cultures des Amériques, de Scandinavie, d’Europe orientale, d’Asie centrale, d’Afrique du Sud et d’Australie aborigène.

Le chamane est l’autorité spirituelle d’une communauté, guérissant les âmes et les corps en équilibrant par ses « voyages » les forces présentes dans différents pans de la réalité auxquels, seul, il a seul accès. Pour accélérer ces voyages, un chaman peut ingérer des substances hallucinogènes. Ce recours fait débat, notamment suite à l’utilisation de l’ayahuasca, « la liane de l’âme », hallucinogène puissant utilisé par les chamans d’Amazonie, mais à ne pas mettre dans toutes les mains. Le recours aux drogues n’est toutefois pas nécessaire. En général, un chaman préfère d’ailleurs le tambour dont les rythmes permettent le changement de niveau de conscience. 

« Face au phénomène de mode à l’égard du chamanisme, nous avons éprouvé le besoin recadrer ce qu’est le chamanisme, sa réalité et ses éventuels dangers. La question pour nous était de mieux comprendre les enjeux du chamanisme pour les occidentaux au 21e siècle et sous quelle forme ouvrir les portes à de tels enseignements dans le cadre de TETRA », précisent Dominique et Claire. « Nous avons d’abord abordé cette question au sein de notre comité d’orientation. En novembre 2007, nous avons organisé avec Le Monde des Religions, une table ronde sur le sujet où participaient plusieurs personnalités initiées au chamanisme. Pour que les choses soient claires, aucune substance hallucinogène n’est absorbée ni proposée chez TETRA. Nous nous inscrivons dans une démarche différente, dans le cadre d’une démarche spirituelle, avec des pratiques et des outils adaptés à notre public. »

Docteur en physique, ancien professeur à l’Université de Carnegie-Mellon, Claude Poncelet et son épouse Noëlle, psychologue, sont chamans. Ce couple d’origine belge installé en Californie propose différents ateliers abordant les principes de la discipline et leur adaptation aux réalités de notre culture. Selon le document d’information, les participants d’un atelier ont l’occasion d’entreprendre des voyages divinatoires, d’utiliser diverses techniques chamaniques et d’apprendre comment converser avec les végétaux et les animaux.

S’inscrire dans la vie

 

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Noëlle Poncelet, docteur en psychologie
Noëlle Poncelet explique être venue au chamanisme au long d’un parcours de vie l’amenant à s’interroger de plus en plus sur la relation entre l’être et son environnement. « Ma démarche s’inscrit dans le développement de la conscience écologique et environnementale, un secteur où nous sommes engagés avec mon mari. Nous essayons de montrer comment le chamanisme nous semble un comportement adapté à faire face à la crise écologique planétaire et aux conflits humains, mais aussi à résister au matérialisme triomphant. »

Engagée depuis les années 80 dans divers projets de thérapie familiale, Noëlle explique qu’elle s’est toujours inscrite dans une démarche où elle avait autant à donner qu’à recevoir du patient. « Il ne s’agit pas, ajoute-t-elle, d’apprendre à faire face à la vie, mais de s’inscrire de manière harmonieuse dans celle-ci. Qu’est-ce qui me pousse à vivre ? Quels choix puis-je faire ? Est-ce que ma vie me plaît ? Comment rester intègre ? Les institutions classiques, comme la religion, n’apportent pas de réponses à tout le monde. Ma découverte du chamanisme est le résultat d’un cheminement, d’une recherche et d’un besoin de spiritualité. Il m’est difficile d’évoquer le sujet en quelques mots, si ce n’est, peut-être, en pointant qu’il véhicule le respect de la terre, de la justice sociale et une profonde spiritualité. Cet art de vie nous dit aussi que l’on ne peut trouver notre cohérence et notre équilibre seul. On ne peut pas être bien si l’Autre, et j’inclus, dans ce terme, tout ce qu’il y a de vivant, n’est pas respecté. Le chamanisme est une envie de découverte, de rencontres et de partage. On sort de ces « voyages » plus fort pour s’atteler à la construction d’un monde plus respectable. C’est une force très positive et très encourageante. Je me suis engagée dans le chamanisme parce que cela me donne l’espoir de ne pas quitter ce monde en portant la culpabilité de le laisser sans espoir à mes descendants. »

TETRA, en pratique

Les responsables de l’institution précisent que leurs portes sont ouvertes à tous. Une cotisation annuelle de 30 € est réclamée aux membres, mais l’adhésion n’est pas obligatoire pour participer aux activités. Les membres bénéficient d’une réduction sur certaines activités. Un tarif réduit est proposé aux chômeurs et aux étudiants. Une réduction est également proposée en échange d’aides diverses. Infos : TETRA asbl, www.terta-asbl.be, tél. 02 771 28 81

Le programme des prochaines semaines

15/5/08. Deux Ailes par Laurence Chevalier

17-18/5/08. Votre voix, chemin de l’âme par Marie-Claude Van Lierdre

23 et 24/5/08. La traversée du désert par Chœur Aurore

24-25/5/08. L’Arbre des Séphiroth par Marie Elia.

31/5-1/6/08. Vivre dans la compréhension de la Nature par Craig Holdrege

7-8-9/6/08. Les rites sacrés de la terre par Gilles Wurtz

14-15/6/08. Méthodes chamaniques, par Gilles Wurtz

20-22/6/08. La marche consciente, par Daniel Zanin


Editions Marane, collection Idèes pour demain.